{"id":16,"date":"2016-06-21T12:37:12","date_gmt":"2016-06-21T10:37:12","guid":{"rendered":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/?p=16"},"modified":"2017-04-19T12:25:18","modified_gmt":"2017-04-19T10:25:18","slug":"front-populaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/2016\/06\/21\/front-populaire\/","title":{"rendered":"1936 le Front Populaire : Les ICT, la CGT, la reconnaissance"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Quatre-vingts ans\u2009: le Front populaire reste aujourd\u2019hui (et restera pour longtemps encore) l\u2019\u00e9v\u00e9nement majeur de l\u2019histoire sociale fran\u00e7aise.<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><!--more--><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">On sait moins que c\u2019est aussi l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 maturit\u00e9 d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 qui couvait depuis au moins la fin de la premi\u00e8re guerre mondiale\u2009: les Ictam, qu\u2019on ne d\u00e9signait pas encore ainsi, sont des salari\u00e9s comme les autres mais avec leurs probl\u00e8mes propres. Et, parce qu\u2019il n\u2019y a pas de r\u00e9sultats sans lutte, il se cr\u00e9e, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Cgt, des organisations propres \u00e0 ces cat\u00e9gories qui ont besoin, elles aussi, d\u2019entrer dans l\u2019action.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">C\u2019est parce que la Cgt reconna\u00eet la lutte de classe comme un fait et qu\u2019elle organise les salari\u00e9s qui s\u2019y engagent, -\u2009elle ne choisit pas la lutte, celle-ci existe, en dehors d\u2019elle\u2009!\u2009- que l\u2019organisation sp\u00e9cifique s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00eatre la forme permettant aux Ictam d\u2019y prendre leur place. <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">EMPREINTES nous rapporte quelques faits qui jalonnent cette p\u00e9riode o\u00f9 l\u2019on retrouve les racines les plus anciennes de l\u2019Ugict.<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: right;\"><span class=\"s1\"><b>Andr\u00e9 Jaegl\u00e9\u00a0<\/b><\/span><span class=\"s1\"><b>Pr\u00e9sident de l\u2019IHS-Ugict<\/b><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<h2 class=\"p3\"><span class=\"s1\">Interview de G\u00e9rard Salkovski, pr\u00e9sident d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de l\u2019IHS Ugict, auteur de\u2009: <i>\u00ab L\u2019impensable syndicalisme\u2009\u00bb.<\/i><\/span><\/h2>\n<p class=\"p3\"><strong><span class=\"s1\"><i>Empreintes\u2009 &#8211; On c\u00e9l\u00e8bre cette ann\u00e9e les 80 ans du Front populaire. Dans cette p\u00e9riode, en quoi les ICT ont-ils \u00e9t\u00e9 impact\u00e9s par la situation\u2009?<\/i><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">G\u00e9rard Salkovski &#8211; Tout d\u2019abord il faut rappeler que la crise a touch\u00e9, pour la <sup>1\u00e8re<\/sup> fois toutes les cat\u00e9gories de salari\u00e9s dont les ICT, en partie sur le manque de reconnaissance de la qualification, la d\u00e9valorisation de celle-ci, le ch\u00f4mage des ICT.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Pour la 1<sup>\u00e8re<\/sup> fois ils \u00e9taient touch\u00e9s de plein fouet, et c\u2019est vraiment significatif que pour la 1<sup>\u00e8re<\/sup> fois la crise a touch\u00e9 toutes les cat\u00e9gories du salariat.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\"><i><strong>A cette \u00e9poque quelle \u00e9tait la r\u00e9alit\u00e9 des organisations syndicales des ICT\u2009?<\/strong> <\/i><\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Les organisations syndicales des ICT, mise \u00e0 part une frange de techniciens syndiqu\u00e9s \u00e0 la CGT,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u00e9taient des organisations autonomes. La grande majorit\u00e9 \u00e9tait en dehors de la CGT.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><strong><span class=\"s1\"><i>Il y en avait beaucoup\u2009?<\/i><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Il en existait \u00e9norm\u00e9ment qui consid\u00e9raient ne pas \u00eatre reconnues. Ils avaient demand\u00e9 leur affiliation (\u00e0 la CGT) mais estimaient que s\u2019ils n\u2019\u00e9taient pas reconnus en tant que tels dans la CGT, ils ne pouvaient pas s\u2019affilier. On \u00e9tait plus sur la conception de l\u2019alliance plus que sur la reconnaissance de ces cat\u00e9gories par la CGT.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><strong><span class=\"s1\"><i>Donc les gr\u00e8ves de 36 on aboutit \u00e0 d\u2019importantes n\u00e9gociations, en quoi est ce qu\u2019elles ont concern\u00e9 nos cat\u00e9gories les ICT\u2009?<\/i><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Alors sous la houlette d\u2019Ambroise Croizat et Beno\u00eet Frachon de la m\u00e9tallurgie, se sont ouvertes pour la 1\u00e8re fois, il faut le noter, de v\u00e9ritables n\u00e9gociations de branches qui concernaient les ICT. C\u2019est une 1\u00e8re\u00a0! Auparavant on consid\u00e9rait que l\u2019accord de branche, la convention, couvraient uniquement les ouvriers.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Il y a eu un point de d\u00e9part sur les classifications des ICT dans les conventions avec des avenants directement dans la convention professionnelle, ce qui a \u00e9t\u00e9 le cas pour la chimie, les m\u00e9taux, l\u2019\u00e9nergie, etc., qui ont travaill\u00e9 l\u00e0- dessus. C\u2019est une v\u00e9ritable ouverture \u00e0 une reconnaissance salariale des ICT.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><strong><i>Mais \u00e7a, c\u2019est la CGT qui a n\u00e9goci\u00e9 et obtenu ces r\u00e9sultats\u2009?<\/i><\/strong><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Oui, en particulier dans la m\u00e9tallurgie CGT qui a ouvert le d\u00e9bat, contournant l\u2019id\u00e9e du patronat qui voulait n\u00e9gocier uniquement sur la partie ouvri\u00e8re. Donc on a obtenu des conventions avec des avenants pour les employ\u00e9s et les ICT, sous la houlette de Beno\u00eet Frachon qui \u00e9tait \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">C\u2019est v\u00e9ritablement la CGT qui a ouvert le champ de reconnaissance concr\u00e8te de ces cat\u00e9gories.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><strong><span class=\"s1\"><i>De cette situation qu\u2019est ce qui en est r\u00e9sult\u00e9 sur les rapports de ces cat\u00e9gories et de leurs organisations autonomes, professionnelles, cat\u00e9gorielles, avec la CGT\u2009?<\/i><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Ca a \u00e9t\u00e9 de dire, on nous reconnait en tant que tel, donc \u00e0 partir de l\u00e0 les obstacles \u00e9taient lev\u00e9s pour consid\u00e9rer, puisqu\u2019il en est ainsi, nous n\u2019avons aucune raison de ne pas pouvoir adh\u00e9rer \u00e0 la CGT. D\u00e8s lors on pouvait ouvrir le d\u00e9bat sur l\u2019adh\u00e9sion. Parmi la m\u00e9tallurgie, il y a eu des sections syndicales de cr\u00e9\u00e9es, notamment dans l\u2019a\u00e9ronautique, puis dans l\u2019\u00e9nergie, etc.etc. Donc des organisations<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>se sont constitu\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la CGT en tant que tel. Il faut savoir qu\u2019auparavant, il y a eu tout un d\u00e9bat \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la CGT au niveau national et conf\u00e9d\u00e9ral pour savoir comment organiser de mani\u00e8re concr\u00e8te ces cat\u00e9gories dans la CGT. Le champ qui a \u00e9t\u00e9 soumis et relev\u00e9 et adopt\u00e9 c\u2019est celui des sections syndicales d\u2019ICT adh\u00e9rentes \u00e0 la f\u00e9d\u00e9ration<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>puisqu\u2019il<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>y avait un accord de branche de sign\u00e9. C\u2019est donc \u00e0 partir de cette \u00e9poque que la th\u00e9orie des Normes se fait, c.\u00e0.d. que les accords de branches pr\u00e9valent sur tout autre accord.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><strong><span class=\"s1\"><i>Donc est-ce qu\u2019on peut dire que cette p\u00e9riode a constitu\u00e9 les pr\u00e9misses de l\u2019existence des organisations sp\u00e9cifiques dans la CGT\u2009?<\/i><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Tout \u00e0 fait, puisqu\u2019auparavant il n\u2019y avait rien\u2009! Or la CGT commence d\u00e8s les ann\u00e9es 30 et \u00e0 la suite \u00e0 s\u2019interroger sur l\u2019\u00e9volution du salariat, une \u00e9volution des structures d\u2019entreprise, etc. Mais \u00e7a ne suffisait pas de s\u2019interroger, le probl\u00e8me c\u2019\u00e9tait la reconnaissance concr\u00e8te en tant que salari\u00e9s, des ICT, avec les aspects sp\u00e9cifiques, c\u2019est \u00e0 dire, par exemple avec des grilles de salaires comprenant des minima par cat\u00e9gorie. <\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Donc \u00e7a a ouvert ce champ et apr\u00e8s il y a eu 1937, les adh\u00e9sions que l\u2019on conna\u00eet, du GNC, de la chimie, des m\u00e9taux, etc. \u00e0 la CGT. Elles ont constitu\u00e9 des Organisations nationales. Sur cette base-l\u00e0, d\u2019accords de branche, incluant les ICT, s\u2019est consolid\u00e9e en 1945, la g\u00e9n\u00e9ralisation de la reconnaissance des ICT.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">En cons\u00e9quence on peut dire que c\u2019est 1936 qui marque effectivement la reconnaissance concr\u00e8te en tant que salari\u00e9s, des ICT, ce qui se confirma par la suite.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s1\">Dans les ann\u00e9es 1930, le pays est confront\u00e9 \u00e0 une grave crise \u00e9conomique, dans un contexte international caract\u00e9ris\u00e9 par la mont\u00e9e des p\u00e9rils li\u00e9s aux r\u00e9gimes totalitaires et fascistes. Les \u00e9meutes du 6 f\u00e9vrier 1934, devant l\u2019Assembl\u00e9e nationale, r\u00e9v\u00e8lent qu\u2019il existe un risque de coup d\u2019\u00c9tat de l\u2019extr\u00eame-droite \u00e0 l\u2019encontre des institutions r\u00e9publicaines. D\u00e9j\u00e0, en 1923 en Italie, c\u2019est la marche sur Rome de Mussolini, et Hitler devient chancelier, en 1933. Quatorze d\u00e9crets, en 1934, vont toucher de plein fouet les ing\u00e9nieurs et cadres\u2009: baisse des salaires, diminution des retraites<br \/>\navec modification de leur r\u00e9gime.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><em><span class=\"s1\"><b>Les organisations de cadres s\u2019insurgent, exigent la formation d\u2019un front commun de toutes les organisations syndicales et se posent la question\u2009: pourquoi ne pas regrouper les grands syndicats d\u2019agents d\u2019ex\u00e9cution et ceux des agents des cadres\u2009?<\/b><\/span><\/em><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Tout en conservant leur propre autonomie, reconna\u00eetre <i>\u00ab\u2009qu\u2019il y a des questions particuli\u00e8res \u00e0 chacun, et si on pouvait arriver \u00e0 les faire se grouper en vue d\u2019efforts convergents, un grand pas aurait \u00e9t\u00e9 fait vers l\u2019am\u00e9lioration du sort des travailleurs dont nous sommes\u2009\u00bb.<\/i> Prol\u00e9taires, les cadres le sont devenus en fouillant dans leur portefeuille et lorsque leur retraite fut diminu\u00e9e. Beaucoup r\u00e9clament l\u2019unit\u00e9 d\u2019action avec la CGT et la CGTU. Des actions sont mises \u00e0 l\u2019ordre du jour. Des cartels se constituent entre f\u00e9d\u00e9rations conf\u00e9d\u00e9r\u00e9es, f\u00e9d\u00e9rations unitaires, des cadres, etc. Ceux-ci se rassemblent dans les meetings de protestation contre les d\u00e9crets de Pierre Laval. Dans ce contexte, des manifestations unitaires sont organis\u00e9es le 14 juillet 1935, et permettent de sceller l\u2019union de la gauche sous la forme d\u2019un Front Populaire qui regroupe la SFIO, le PCF, le parti radical, l\u2019Union socialiste et r\u00e9publicaine, mais aussi la CGT et la CGT-U. Les deux CGT d\u00e9cident de leur r\u00e9unification. <\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><em><span class=\"s1\"><b>Depuis 1936, le syndicalisme en France conna\u00eet un nouvel essor, notamment parmi des organisations syndicales de techniciens, d\u2019ing\u00e9nieurs et de cadres.<\/b><\/span><\/em><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Le 6 mars 1936 \u00e0 Toulouse, la CGT est r\u00e9unifi\u00e9e. L\u2019\u00e9lan unitaire est consid\u00e9rable, la nouvelle CGT passe de 2\u2009600\u2009000 \u00e0 4\u2009000\u2009000 de membres. Le 7 juin 1936, le patronat reconna\u00eet la CGT comme unique interlocuteur. Les ing\u00e9nieurs et cadres sont partie prenante de l\u2019unit\u00e9 syndicale et vont faire leur entr\u00e9e \u00e0 la CGT avec l\u2019affiliation des VRP, de la Marine marchande, la cr\u00e9ation du GNC, de la F\u00e9d\u00e9ration des cadres cheminots, les techniciens de la m\u00e9tallurgie, etc. L\u2019attraction de la r\u00e9unification de la CGT, au XXIV<sup>\u00e8me <\/sup>congr\u00e8s de Toulouse, parmi les ouvriers et employ\u00e9s est forte. Malgr\u00e9 la pr\u00e9sence de la F\u00e9d\u00e9ration des dessinateurs, la question des techniciens n\u2019est pas \u00e9voqu\u00e9e. Seule la question des classes moyennes par Robert Lacoste y est abord\u00e9e. Les camarades de L\u00e9on Jouhaux et de Beno\u00eet Frachon se retrouvent dans la m\u00eame organisation. Les mouvements de mai et juin 1936 d\u00e9marrent principalement dans l\u2019a\u00e9ronautique\u2009: Breguet au Havre, Lat\u00e9co\u00e8re \u00e0 Toulouse, puis aux usines Bloch (Dassault), Lavalette \u00e0 Saint-Ouen, Hotchkiss \u00e0 Levallois-Perret.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\"><b>Dans ces mouvements, des techniciens et des ouvriers qualifi\u00e9s, confront\u00e9s aux modes de production tayloriens, prennent une place importante.<\/b> Dans les usines, les techniciens de l\u2019a\u00e9ronautique vont chercher \u00e0 se regrouper. Ce sera la cr\u00e9ation de l\u2019Union syndicale des techniciens de l\u2019a\u00e9ronautique (USTA), qui s\u2019affiliera \u00e0 la CGT. La gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale du 7 juin 1936 est conduite par la CGT et la CFTC, tout en d\u00e9savouant la violence et les atteintes aux libert\u00e9s syndicales\u2009; les accords de Matignon vont se conclure\u2009: les salari\u00e9s obtiennent la semaine de 40 heures, 2 semaines de cong\u00e9s pay\u00e9s. <b>Le 24 juin, une loi maintient le principe contractuel de la convention collective, transform\u00e9e en \u00ab\u2009loi professionnelle\u2009\u00bb. Elle est rendue applicable \u00e0 l\u2019ensemble des professions par une proc\u00e9dure d\u2019extension. Elle introduit le principe de faveur\u2009: la convention peut traiter de questions non pr\u00e9vues \u00e0 titre obligatoire, si celles-ci sont plus favorables que celles des lois et r\u00e8glements en vigueur.<\/b> Les accords de Matignon pr\u00e9voient &#8211; outre la semaine de 40 heures et les deux semaines de cong\u00e9s pay\u00e9s &#8211; \u00e9galement une augmentation de salaire de 12\u2009%, l\u2019\u00e9tablissement des contrats collectifs de travail et l\u2019institution de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du personnel\u2009: ils ne seront sign\u00e9s que par la seule CGT. Son nombre d\u2019adh\u00e9rents est multipli\u00e9 par cinq. <\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\"><b>L\u2019explosion sociale de 1936 a aussi \u00e9branl\u00e9 l\u2019univers des ing\u00e9nieurs et cadres.<\/b> Mais le patronat est press\u00e9 de n\u00e9gocier avec les seuls syndicats ouvriers. Les cadres sont absents des accords d\u2019entreprises et des conventions. Pire, ils sont <i>\u00ab\u2009court-circuit\u00e9s\u2009\u00bb<\/i>, selon l\u2019expression de Marc Descostes. Tous les cadres ne r\u00e9agissent pas de la m\u00eame mani\u00e8re d\u2019\u00eatre ainsi plac\u00e9s <i>\u00ab\u2009entre le marteau et l\u2019enclume\u2009\u00bb<\/i>. Pour certains, il s\u2019agit de former un syndicat de cadres, d\u2019ing\u00e9nieurs et de contrema\u00eetres de mani\u00e8re \u00e0 ne pas \u00eatre isol\u00e9s et sacrifi\u00e9s. Pour d\u2019autres, le sentiment s\u2019affirme qu\u2019ils sont des salari\u00e9s comme les autres, et l\u2019unit\u00e9, la force de la CGT les invitent \u00e0 se tourner vers elle.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">En ao\u00fbt 1936, le Bureau conf\u00e9d\u00e9ral lance un <i>\u00ab\u2009appel aux ing\u00e9nieurs et techniciens de l\u2019industrie\u2009\u00bb<\/i>. Dans <i>Le Peuple<\/i> du 9 avril 1937, L\u00e9on Jouhaux explicitera la d\u00e9marche\u2009: depuis longtemps, la preuve est faite que le grand capital fait bon march\u00e9 des classes sociales qui lui \u00e9taient le plus \u00e9troitement rattach\u00e9es. L\u2019attention de la CGT aux cadres se traduit par des pourparlers qui s\u2019engagent, les 10 et 11 mai 1936, entre la F\u00e9d\u00e9ration des dessinateurs de France, adh\u00e9rente \u00e0 la CGT et l\u2019Union syndicale des techniciens et employ\u00e9s de l\u2019industrie (ex USTICA, puis UST). La fusion s\u2019op\u00e8re le 21 juin et donne naissance \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration des techniciens dessinateurs et assimil\u00e9s de l\u2019industrie et des arts appliqu\u00e9s. Elle atteint, en novembre 1936, 70\u2009000 adh\u00e9rents. D\u2019autres modifications voient le jour. Rappelons-les, \u00e0 nouveau\u2009: la F\u00e9d\u00e9ration des VRP se constitue avec l\u2019appui de la F\u00e9d\u00e9ration des employ\u00e9s\u2009; en effet, les VRP sont enfin reconnus comme salari\u00e9s. Les F\u00e9d\u00e9rations autonomes des cadres de la marine marchande et des p\u00eaches adh\u00e8rent \u00e0 la CGT.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\"><b>1936 voit la cr\u00e9ation, par une femme technicienne, Suzanne Masson, d\u2019une section syndicale CGT d\u2019employ\u00e9-e-s, techicien-ne-s et cadres, \u00e0 la Courneuve, dans l\u2019entreprise Alsthom Rateau. En 1937, la F\u00e9d\u00e9ration autonome des ca<\/b>dres des chemins de fer rejoint la f\u00e9d\u00e9ration des cheminots CGT, ann\u00e9e o\u00f9 se cr\u00e9\u00e9 aussi le Groupement national des cadres \u00e9lectriciens et gaziers (GNC). Ces signes encouragent la CGT \u00e0 s\u2019int\u00e9resser plus encore \u00e0 ces cat\u00e9gories et am\u00e8ne celle-ci \u00e0 des modifications conf\u00e9d\u00e9rales aptes \u00e0 vaincre la crise et ainsi \u00e0 mettre fin \u00e0 une situation intol\u00e9rable.<\/span><\/p>\n<h2 class=\"p3\" style=\"text-align: center;\"><strong>T\u00e9l\u00e9charger :\u00a0<a href=\"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/04\/EMPREINTES-N\u00b016.pdf\">EMPREINTES N\u00b016<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quatre-vingts ans\u2009: le Front populaire reste aujourd\u2019hui (et restera pour longtemps encore) l\u2019\u00e9v\u00e9nement majeur de l\u2019histoire sociale fran\u00e7aise.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":19,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[6],"class_list":["post-16","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","tag-6"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}