{"id":759,"date":"2018-03-12T19:13:03","date_gmt":"2018-03-12T18:13:03","guid":{"rendered":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/?p=759"},"modified":"2018-03-12T19:13:03","modified_gmt":"2018-03-12T18:13:03","slug":"industrie-action-pour-le-maintien-du-centre-de-recherche-du-seita","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/2018\/03\/12\/industrie-action-pour-le-maintien-du-centre-de-recherche-du-seita\/","title":{"rendered":"Industrie: Action pour le maintien du centre de recherche du SEITA"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019ACTION POUR LE DEVELOPPEMENT DU CERTTA\/SCR ET LA CREATION D\u2019EMPLOIS<\/p>\n<p>Je suis arriv\u00e9e au SEITA (Service d\u2019Exploitation Industrielle des Tabacs et Allumettes) en septembre 1964, embauch\u00e9e au laboratoire de chimie du CERTTA (Centre de Recherches Techniques des Tabacs et Allumettes), \u00e0 Fleury les Aubrais. C\u2019\u00e9tait 2 ans apr\u00e8s la mise en place du \u00ab nouveau statut \u00bb du personnel \u00e0 la SEITA (que la CGT n\u2019avait pas sign\u00e9, car les retraites n\u2019\u00e9taient plus garanties), qui avait transform\u00e9 l\u2019entreprise d\u2019\u00e9tat en EPIC en 1962 et remplac\u00e9 l\u2019ancien statut d\u2019entreprise d\u2019\u00e9tat o\u00f9 une partie du personnel (les employ\u00e9s, agents de maitrise et cadres) \u00e9tait fonctionnaire, une autre partie (les ouvrier-e-s) \u00e9taient ouvriers d\u2019\u00e9tat et une autre partie des ouvriers (des OS) \u00e9taient \u00ab temporaires \u00bb, quelques fois depuis des ann\u00e9es. L\u2019objectif \u00e9tait soi-disant d\u2019unifier \u00ab le statut du personnel \u00bb. Mais il fallait en permanence l\u2019action syndicale pour mettre en \u0153uvre et faire respecter les droits du personnel inscrits dans ce \u00ab nouveaux statut \u00bb.<br \/>\nJ\u2019\u00e9tais toute jeune : j\u2019avais 18 ans et j\u2019\u00e9tais munie d\u2019un Brevet d\u2019Etude Industrielle, dipl\u00f4me \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la cat\u00e9gorie \u00ab technicien-ne \u00bb. C\u2019\u00e9tait mon 1er travail. Le laboratoire de chimie \u00e9tait un labo de contr\u00f4le des fabrications fran\u00e7aises et de tous les produits vendus en France. Je me suis syndiqu\u00e9e pendant la gr\u00e8ve de 1968. J\u2019ai adh\u00e9r\u00e9 au SNCT-CGT : Syndicat National des Cadres et Techniciens CGT. Nous \u00e9tions 2 techniciennes \u00e0 y avoir adh\u00e9r\u00e9. Avec les 2 autres techniciens d\u00e9j\u00e0 adh\u00e9rents, nous \u00e9tions 4 apr\u00e8s la gr\u00e8ve, et nous avons constitu\u00e9 une section du SNCT dont le responsable, \u00ab tout naturellement \u00bb a \u00e9t\u00e9 un technicien\u2026 Notre section syndicale s\u2019est transform\u00e9e en syndicat UGICT plus tard\u2026 malgr\u00e9 l\u2019opposition des OP\u2026 Qui ne voyaient pas d\u2019un bon \u0153il l\u2019existence de \u00ab 2 CGT \u00bb \u2026 dont une \u00e9chappait \u00e0 leur pouvoir. Notre f\u00e9d\u00e9ration n\u2019a pas vu non plus d\u2019un bon \u0153il cette transformation qui \u00e9tait pourtant l\u2019orientation de la CGT de supprimer les syndicats nationaux !<br \/>\nAu d\u00e9but de l\u2019existence du CERTTA, c\u2019\u00e9tait les OP qui dirigeaient les syndicats CGT et FO et aussi la Cellule d\u2019entreprise du Parti Communiste\u2026 Comme dans tous les \u00e9tablissements du SEITA. C\u2019\u00e9taient presque eux qui \u00ab dirigeaient \u00bb l\u2019entreprise car s\u2019ils se mettaient en gr\u00e8ve, les machines ne pouvaient plus tourner : elles avaient besoin de r\u00e9glages en permanence, sinon elles tombaient en panne. Ils \u00e9taient fiers de leur travail et fiers d\u2019\u00eatre \u00ab reconnus \u00bb. Ils avaient une position dominante dans l\u2019entreprise (c\u2019\u00e9tait encore plus vrai dans les manufactures de production), les OP \u00e9taient appel\u00e9s les \u00ab Seigneurs \u00bb \u2026 Ce qui ne comportait pas que des connotations laudatives. Mais cette situation n\u2019a \u00e9videmment pas dur\u00e9\u2026 Car les directions ont su \u00ab moderniser \u00bb pour transformer les rapports de force ! Progressivement, dans l\u2019affrontement d\u2019id\u00e9es et le d\u00e9bat, la direction du syndicat CGT a chang\u00e9 : un OS, puis une femme aide de laboratoire.<br \/>\nLe CERTTA, avant d&rsquo;\u00eatre une entreprise \u00e0 part enti\u00e8re \u00e9tait un atelier sp\u00e9cialis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la Manufacture d&rsquo;Orl\u00e9ans o\u00f9 s\u2019\u00e9laborait \u00ab la modernisation de l\u2019entreprise \u00bb. C\u2019est dans cet atelier qu\u2019a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9e apr\u00e8s la 2\u00e8me guerre, la technique de fabrication des cigarettes par aspiration du tabac sur la bande de papier, pour former un boudin de tabac qui ensuite \u00e9tait sectionn\u00e9 en cigarettes. Cette technique \u00ab r\u00e9volutionnaire \u00bb a permis d\u2019accroitre progressivement la vitesse de fabrication des cigarettes. Lorsque j\u2019\u00e9tais enfant, je me souviens d\u2019avoir vu une de ces machines \u00e0 la foire exposition d\u2019Orl\u00e9ans. A cette \u00e9poque le SEITA \u00e9tait fier de ses inventions et les exposait ! D\u2019autres technologies ont \u00e9t\u00e9 invent\u00e9es dans cet atelier, quelques fois contest\u00e9es par le personnel\u2026<br \/>\nLorsque la direction du SEITA a d\u00e9cid\u00e9 de donner plus d&rsquo;importance \u00e0 la recherche technique, pour moderniser l\u2019entreprise, le Centre de Recherches Techniques des Tabacs et Allumettes a \u00e9t\u00e9 construit \u00e0 Fleury les Aubrais, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de \u00ab la Manu \u00bb, et en bordure de la voie de chemin de fer. C&rsquo;est une partie du personnel, principalement ouvrier-e-s, qui y est venue par mutation, \u00e0 l&rsquo;ouverture en 1952. Ensuite le personnel a progressivement augment\u00e9 par recrutement. L\u2019ing\u00e9nieur, Francis Bonn\u00e9ric, responsable de cet atelier de recherches techniques \u00e9tait devenu le directeur du CERTTA, dont l\u2019inauguration avait eu lieu en 1954. Pour ce qui concerne le service o\u00f9 je travaillais, le Laboratoire de Chimie, c&rsquo;est un service d\u00e9localis\u00e9 de la Direction G\u00e9n\u00e9rale qui est venu s&rsquo;y installer en 1962 (1 ing\u00e9nieur, 5 technicien-ne-s, 1 aide de labo) et qui s&rsquo;est progressivement d\u00e9velopp\u00e9 avec des embauches chaque ann\u00e9e, principalement des jeunes femmes dipl\u00f4m\u00e9es comme moi du BEI, puis du BTS. Il existait en plus, dans l\u2019\u00e9tablissement un service \u00ab Formation \u00bb o\u00f9 \u00e9taient regroup\u00e9s chaque semaine des stagiaires, (les jeunes agents de Ma\u00eetrise, techniciens et ing\u00e9nieurs venus de toute la France, pour se former \u00e0 leur m\u00e9tier, \u00e0 l\u2019\u00e9volution des technologies) ou salari\u00e9s faisant une promotion professionnelle. Curieusement les jeunes techniciennes du labo chimie n\u2019y avaient jamais acc\u00e8s. Il a fallu toute une bataille, principalement en s\u2019appuyant sur les lois de 1971 pour que nous puissions aller en formation, acqu\u00e9rir nous aussi des connaissances sur le tabac, et comprendre \u00e0 quoi servait notre travail. Apr\u00e8s une p\u00e9riode de d\u00e9clin, \u00e0 partir de 1990, ce Centre de formation a ferm\u00e9 en 1999.<br \/>\nEn 1952, \u00e0 la cr\u00e9ation du CERTTA aux Aubrais, son r\u00f4le \u00e9tait de faire \u00ab faire des \u00e9conomies \u00e0 l\u2019entreprise \u00bb. C\u2019\u00e9tait ce que la direction affirmait. L\u2019objectif c\u2019\u00e9tait la modernisation, l\u2019innovation, l\u2019invention de nouvelles technologies pour rentabiliser, augmenter le nombre de cigarettes fabriqu\u00e9es \u00e0 la minute \u2026 en supprimant du personnel et en fermant les manufactures les plus anciennes, qui n\u2019avaient jamais \u00e9t\u00e9 modernis\u00e9es, ni adapt\u00e9es aux nouvelles technologies de fabrication et dont les embranchements SNCF avaient \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9s. Le personnel y travaillait comme au 19\u00e8me si\u00e8cle ! Des brevets \u00e9taient d\u00e9pos\u00e9s, mais beaucoup d\u2019inventions allaient \u00e0 la casse\u2026 ce qui faisait dire \u00e0 nos camarades OP que \u00ab les ing\u00e9nieurs \u00e9taient des bons \u00e0 rien \u00bb \u2026 De mon point de vue, la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9tait tout autre : il fallait que les \u00ab inventions \u00ab soient \u00ab rentables \u00bb et permettent de supprimer du personnel ! Cela nous a sembl\u00e9 \u00e9vident lorsque le SNCT, puis l\u2019Ugict, ont d\u00e9cid\u00e9 de \u00ab mettre les pieds dans le plat \u00bb. Quand nous avons commenc\u00e9 \u00e0 contester l\u2019abandon de certaines \u00ab inventions \u00bb, la direction a fait travailler \u00ab au secret \u00bb, il ne fallait surtout pas que la CGT soit au courant de ce qui \u00ab s\u2019inventait \u00bb \u2026 et \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 la casse ! La recherche technique qui \u00e9tait impuls\u00e9e n\u2019a jamais port\u00e9 sur l\u2019ergonomie ni l\u2019am\u00e9lioration des conditions de travail\u2026 ce que nous d\u00e9noncions et nous faisions des propositions en ce sens. A la cr\u00e9ation du CERTTA, un atelier de fabrication important permettait de faire les essais de fabrication grandeur nature et de mettre au point les \u00e9volutions technologiques avant leur implantation dans les usines.<br \/>\nEn 1964 il y avait encore plusieurs Centre de recherches au SEITA : \u00e0 la Direction G\u00e9n\u00e9rale \u00e0 Paris, \u00e0 Saumur, \u00e0 Bergerac et aux Aubrais, chacun sp\u00e9cialis\u00e9 dans un domaine. Au CERTTA, c\u2019\u00e9tait la recherche Technique. Au fur et \u00e0 mesure de la fermeture des autres Centre de recherches, les activit\u00e9s \u00e9taient regroup\u00e9es aux Aubrais, principalement dans le labo de chimie, mais pas pour se d\u00e9velopper : pour se transformer. Cela lui faisait prendre de l\u2019ampleur au fil du temps. Cela a conduit \u00e0 ramener de la DG, au labo de chimie des Aubrais, le secteur \u00ab Recherche \u00bb sur la connaissance de la composition du tabac et de la fum\u00e9e.<br \/>\nNous menions le combat syndical sur plusieurs terrains : contre les directives europ\u00e9ennes dont l\u2019objectif \u00e9tait la privatisation \u00ab des Tabacs \u00bb en Europe, contre les abandons d\u2019activit\u00e9s, pour des embauches et liant tout cela avec la d\u00e9fense des revendications salaires\/classifications et des conditions de travail. Nous d\u00e9noncions l\u2019insuffisance du budget de la recherche au SEITA, par rapport \u00e0 nos concurrents et sa r\u00e9gression, ainsi que l\u2019argent accumul\u00e9 qui aurait pu servir \u00e0 moderniser et d\u00e9velopper le SEITA, devenu la SEITA, Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Exploitation des Tabacs et Allumettes, apr\u00e8s la tentative rat\u00e9e de Giscard en 1980 de le privatiser et la d\u00e9cision du gouvernement socialiste de ne pas revenir \u00e0 notre statut de 1962 : loi Fabius de 1984, accompagn\u00e9e d\u2019une Convention d\u2019Entreprise en 1985, au lieu du statut, permettant la privatisation quelques ann\u00e9es plus tard !<br \/>\nC\u2019\u00e9tait un combat tr\u00e8s difficile dans un milieu traditionnellement r\u00e9formiste, avec une direction pendant des ann\u00e9es tr\u00e8s paternaliste, o\u00f9 la lutte de classe n\u2019\u00e9tait pas toujours comprise, y compris dans les rangs de la CGT. Surtout lorsque ce sont des femmes qui sont arriv\u00e9es \u00e0 la t\u00eate de la CGT, de l\u2019Ugict et de la lutte ! Le paternalisme qui avait march\u00e9 pendant des ann\u00e9es, lorsque c\u2019\u00e9tait des OP qui dirigeaient la CGT et un technicien le SNCT, ne marchait plus lorsque ce sont un OS et des femmes qui ont dirig\u00e9 nos organisations\u2026 Notre action s\u2019est inscrite dans les d\u00e9cisions conf\u00e9d\u00e9rales et d\u00e9partementales de la CGT, dont nous avions le soutien : la lutte contre la d\u00e9sindustrialisation du Loiret, bas\u00e9e sur des propositions de d\u00e9veloppement des entreprises et l\u2019embauche d\u2019emplois qualifi\u00e9s et stables. Cependant, nous \u00e9tions \u00e0 contrecourant de ce que faisait la F\u00e9d\u00e9ration qui se contentait de \u00ab protester \u00bb contre la strat\u00e9gie nationale du\/de la SEITA : fermetures de manu et privatisation. Et de n\u00e9gocier les \u00ab meilleures \u00bb conditions de d\u00e9part et de mutations\u2026 Mise \u00e0 part la Manu de Pantin qui a \u00e9t\u00e9 occup\u00e9e pendant 18 mois et qui avait mis au point une fabrication \u00ab sauvage \u00bb, \u00ab la Pantinoise \u00bb , la Gauloise rouge. Pour nous rien de tout cela n\u2019\u00e9tait fatal, ni in\u00e9luctable car en m\u00eame temps nous menions le combat pour le changement de soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\nLa transformation de nos activit\u00e9s et les abandons d\u2019activit\u00e9s \u00e9taient nombreux et nous \u00e9tions \u00e0 fond d\u2019accord avec le concept \u00ab d\u2019intervention dans la gestion \u00bb lanc\u00e9 dans les ann\u00e9es 80 par la CGT et l\u2019UGICT. Nous disputions au patron pied \u00e0 pied, sa gestion. Combattant en permanence les abandons de projets, et surtout l\u2019arr\u00eat de la recherche technique sur les proc\u00e9d\u00e9s de fabrication qui nous rendaient d\u00e9pendant de nos concurrents, au profit de la seule \u00e9laboration d\u2019appareils de mesures physique informatis\u00e9s, pour le tabac et les cigarettes. Activit\u00e9 qui a \u00e9t\u00e9 finalement filialis\u00e9e. Quelques exemples significatifs d\u2019abandons :<br \/>\n&#8211; La mise \u00e0 la casse de la \u00ab capeuse informatis\u00e9e des cigares \u00bb, abandonn\u00e9e apr\u00e8s 5 ann\u00e9es de travail, lorsqu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 au point, parce que cela revenait trop cher \u00e0 utiliser\u2026 Nous la d\u00e9fendions parce qu\u2019elle permettait d\u2019am\u00e9liorer les conditions de travail des femmes cigari\u00e8res, mais ce n\u2019\u00e9tait pas un crit\u00e8re \u00e0 retenir !<br \/>\n&#8211; L\u2019abandon de la fabrication des sauces que le CERTTA pr\u00e9parait pour les manufactures<br \/>\n&#8211; L\u2019abandon de l\u2019extraction d\u2019huiles essentielles du tabac<br \/>\n&#8211; L\u2019abandon de la fabrication pour les manufactures de la colle pour coller la bande de papier \u00e0 cigarettes : c\u2019\u00e9tait moins cher de l\u2019acheter dans le commerce !<br \/>\n&#8211; Pendant des dizaines d\u2019ann\u00e9es dans le labo de chimie, nous avons travaill\u00e9 sur un projet : \u00ab copier la Marlboro \u00bb qui \u00e9tait la cigarette phare des ventes en France. Lorsqu\u2019enfin nous avons r\u00e9ussi \u00e0 la mettre au point, la DG a d\u00e9cid\u00e9 de l\u2019abandonner \u00ab parce qu\u2019elle co\u00fbtait trop cher \u00e0 produire \u00bb !<br \/>\n&#8211; L\u2019abandon de la mise au point de nouvelles cigarettes au profit de l\u2019achat \u00e0 nos concurrents de compositions toutes faites<br \/>\n&#8211; L\u2019arr\u00eat du d\u00e9p\u00f4t des brevets, et leur vente \u00e0 des fabricants \u00e9trangers, allemands entr\u2019autres \u00ab parce que \u00e7a co\u00fbte trop cher de d\u00e9poser des brevets \u00bb \u2026<br \/>\n&#8211; L\u2019arr\u00eat de la fabrication du tabac reconstitu\u00e9, confi\u00e9e \u00e0 un priv\u00e9<br \/>\n&#8211; Et le clou, l\u2019arr\u00eat de la fabrication de la cigarette \u00ab Chevignon \u00bb dont les ventes partaient en fl\u00e8che\u2026 au moment de la loi Evin qui a servi de pr\u00e9texte \u00e0 l\u2019abandon\u2026<br \/>\nNous combattions tous ces abandons\u2026 mais la bataille id\u00e9ologique et les pressions \u00e9tait tellement forte que les ing\u00e9nieurs qui, eux-m\u00eames \u00e9taient les inventeurs, capitulaient et acceptaient la mise \u00e0 la casse de leurs inventions ou fabrications, expliquant aux militant-e-s, \u00ab l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019il y avait \u00e0 ces abandons dont nous pourrions tirer profit autrement \u00bb \u2026 La direction nous faisait passer pour des ringard-e-s ! En fait c\u2019\u00e9tait la disparition programm\u00e9e de l\u2019entreprise qui \u00e9tait en cours. Si la direction de la f\u00e9d\u00e9ration avait elle aussi pris le \u00ab taureau de l\u2019intervention dans la gestion \u00bb par les cornes, autrement que par son projet de \u00ab tabac-sant\u00e9 \u00bbil est vraisemblable que l\u2019avenir de la SEITA n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 celui que nous connaissons aujourd\u2019hui. Mais nous d\u00e9rangions presqu\u2019autant nos camarades de la direction f\u00e9d\u00e9rale que le patron\u2026 pensez donc des femmes qui s\u2019occupent d\u2019intervenir dans la gestion !<br \/>\nDans le m\u00eame temps, nous ne faisions pas que d\u00e9noncer, nous faisions des propositions d\u2019activit\u00e9s utiles en mati\u00e8re de recherche technique et d\u2019am\u00e9lioration des conditions de travail, mais aussi pour la mise au point de nouvelles cigarettes, moins toxiques, pas ch\u00e8res, et surtout de cigarettes blondes dont la consommation en France se d\u00e9veloppait&#8230;surtout les blondes am\u00e9ricaines !<br \/>\nL\u2019\u00e9volution de la r\u00e9partition du personnel par cat\u00e9gories est significative de l\u2019\u00e9volution de nos activit\u00e9s et de leur transformation :<br \/>\nEn 1968, c\u2019est la plus vieille trace que j\u2019ai trouv\u00e9e :<br \/>\nOS + OP = 136 personnes<br \/>\nEmploy\u00e9-e-s = 19 personnes<br \/>\nAgents de Ma\u00eetrise et Technicien-ne-s = 43 personnes<br \/>\nIng\u00e9nieurs et Cadres = 14<br \/>\nTotal 212 personnes<\/p>\n<p>En 1973 : 205 Ouvrier-e-s-Employ\u00e9-e-s<br \/>\n61 Agents de Ma\u00eetrise et Technicien-ne-s<br \/>\n19 Ing\u00e9nieurs et Cadres,<br \/>\nTotal 285 personnes<\/p>\n<p>En 1983 : 223 Ouvrier-e-s et Employ\u00e9-e-s dont 87 OS, 67 OP et 69 Employ\u00e9-e-s dont des Aides de Labo<br \/>\n66 Maitrise et Technicien-ne-s<br \/>\n26 Ing\u00e9nieur-re-s et Cadres<br \/>\nTotal : 315<\/p>\n<p>En 1988 : 162 Ouvrier-e-s et Employ\u00e9-e-s dont 46 OS, 44 OP et 72 Employ\u00e9-e-s dont des Aides de Labo<br \/>\n71 Maitrises et Technicien-ne-s<br \/>\n32 Ing\u00e9nieur-e-s et Cadres<br \/>\nTotal : 265<\/p>\n<p>En 1991 : 152 Ouvrier-e-s et Employ\u00e9s 35 OS, 37 OP, 80 Employ\u00e9-e-s<br \/>\n76 Agents de Ma\u00eetrise et Technicien-ne-s<br \/>\n38 Ing\u00e9nieur-e-s et Cadres<br \/>\nTotal : 266<\/p>\n<p>En 1999 : 148 Ouvriers-Employ\u00e9-e-s (dont beaucoup \u00e9taient d\u2019anciens OS devenus aides de laboratoires)<br \/>\n70 Agents de Ma\u00eetrise et Technicien-ne-s<br \/>\n52 Ing\u00e9nieur-e-s et Cadres<br \/>\nTotal 270 personnes.<\/p>\n<p>En 2002 :<br \/>\n25 OS + 13 OP + 70 Employ\u00e9-e-s = 108 personnes :<br \/>\nAgents de Ma\u00eetrise et Technicien-ne-s = 79 personnes :<br \/>\nIng\u00e9nieur-e-s et Cadres = 56 :<br \/>\nTotal 243 personnes.<\/p>\n<p>\u2022 Entre 1968 et 1973, toutes les cat\u00e9gories progressent, les activit\u00e9s se d\u00e9veloppent. L\u2019effectif est rest\u00e9 longtemps autour de 270\/280 personnes<br \/>\n\u2022 En 1983 augmentation du nombre d\u2019ouvriers due \u00e0 la fermeture de la Manu d\u2019Orl\u00e9ans et \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e du personnel, aux Aubrais. A partir de cette date, le nombre d\u2019aides de labo progresse r\u00e9guli\u00e8rement.<br \/>\n\u2022 A partir de 1988 on voit que les ouvriers diminuent r\u00e9guli\u00e8rement, pendant que les aides de labo, les technicien-ne-s, les ing\u00e9nieur-e-s et cadres augmentent<br \/>\n\u2022 En 1999 ces progressions ont continu\u00e9, surtout les ing\u00e9nieur-e-s et cadres, cat\u00e9gorie d\u2019o\u00f9 les femmes ont longtemps \u00e9t\u00e9 absentes et dont nous revendiquions l\u2019embauche prioritaire pour rattraper le retard. Le 1er coll\u00e8ge a fortement diminu\u00e9 : ce sont surtout les OP et OS qui disparaissent, significatif de la r\u00e9duction progressive d\u2019activit\u00e9 des ateliers de pr\u00e9parations du tabac et de confection\/paquetage des cigarettes o\u00f9 se faisaient les essais de fabrication, cons\u00e9cutif \u00e0 l\u2019abandon de l\u2019innovation technologique. La recherche technique se focalise sur l\u2019\u00e9laboration des appareils automatis\u00e9s de mesures physiques, o\u00f9 il y a besoin d\u2019aides de laboratoires en plus grand nombres, pour les essais et pour le contr\u00f4le des fabrications.<br \/>\n\u2022 En 2002, les ouvriers ont quasiment disparu. Finie la fabrication des cigarettes. L\u2019\u00e9laboration des prototypes d\u2019appareils de mesures a \u00e9t\u00e9 filialis\u00e9e dans la Sodim, petite entreprise qui est rest\u00e9e dans l\u2019enceinte du CERTTA (devenu SCR : SEITA Centre de Recherche en 1994). Leur fabrication est confi\u00e9e \u00e0 des sous-traitants. Les technicien-ne-s, les ing\u00e9nieurs et cadres ont continu\u00e9 de progresser, constituant une nouvelle \u00ab mati\u00e8re grise \u00bb, sur laquelle s\u2019appuyaient nos propositions de d\u00e9veloppement d\u2019activit\u00e9s.<\/p>\n<p>Pour le 30\u00e8me anniversaire du CERTTA, pour combattre ce que nous d\u00e9veloppions, la direction avait sorti un N\u00b0 sp\u00e9cial du journal d\u2019entreprise, \u00ab C\u2019est-\u00e0-dire \u00bb, intitul\u00e9 \u00ab Le CERTTA, creuset o\u00f9 s\u2019\u00e9labore demain \u00bb, faisant un historique de l\u2019entreprise et valorisant ce qui s\u2019y faisait, pour tenter de masquer la r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\nNous nous sommes saisis en 1987 de ce titre en le plagiant avec un point d\u2019interrogation : \u00ab Le CERTTA, creuset o\u00f9 s\u2019\u00e9labore demain ? \u00bb, pour en faire un tract de 7 pages dans lequel nous accusions les diff\u00e9rents niveaux de la direction de mentir pour masquer sa strat\u00e9gie destructrice, au service de nos concurrents am\u00e9ricains, et faisant des propositions d\u2019activit\u00e9s utiles au d\u00e9veloppement de l\u2019entreprise, pour l\u2019emploi et pour les conditions de travail, en montrant qu\u2019il y avait de l\u2019argent pour les financer.<\/p>\n<p>Nous avions touch\u00e9 juste, car nos camarades dirigeants de la f\u00e9d\u00e9ration se sont faits \u00ab semonc\u00e9s \u00bb vertement par la DG ! \u2026 Et au lieu de nous d\u00e9fendre, ils nous ont \u00ab remont\u00e9 les bretelles \u00bb \u00e0 notre tour, car \u00ab \u00e7a ne se faisait pas d\u2019\u00eatre aussi agressif avec la direction \u00bb \u2026 Cela ne nous a pas emp\u00each\u00e9 de continuer, encore plus fort ! Nous avons distribu\u00e9 au personnel un dossier de 17 pages intitul\u00e9 :\u00ab CERTTA, Le creuset o\u00f9 s\u2019\u00e9labore demain \u00bb, \u00ab faire autrement pour le progr\u00e8s, ASSURER le v\u00e9ritable r\u00f4le sanitaire et social de la SEITA \u00bb et sous-titr\u00e9 : \u00ab salari\u00e9s du CERTTA, ce document est \u00e0 votre enti\u00e8re disposition. A vous d\u2019en faire le support le plus large de vos pr\u00e9occupations et de vos revendications. Il ne pr\u00e9tend pas aborder de fa\u00e7on exhaustive les situations que chacun de vous vit dans les diff\u00e9rents services, il s\u2019agit en fait, d\u2019une tr\u00e8s large invitation au d\u00e9bat et au rassemblement du personnel, pour construire leur avenir, celui du CERTTA et de la SEITA \u00bb, o\u00f9 nous d\u00e9veloppions des propositions concernant les carri\u00e8res, la reconnaissance des qualifications, les conditions de travail, pour toutes les cat\u00e9gories et des propositions d\u2019activit\u00e9s et d\u2019embauches pour tous les services.<br \/>\nPuis nous avons entrepris un long travail de fourmis, en discutant avec tout le personnel, service par service, pour r\u00e9fl\u00e9chir aux propositions du personnel aux besoins et \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019emplois dans toutes les cat\u00e9gories. Nous avons fait ce travail, ensemble CGT et UGICT, dans nos cat\u00e9gories respectives. Nous publions des propositions que nous mettions en d\u00e9bat dans le personnel et qui s\u2019enrichissaient au fur et \u00e0 mesure, pour arriver \u00e0 publier en octobre 1992 un plan complet de cr\u00e9ation de 83 emplois n\u00e9cessaires pour d\u00e9velopper nos activit\u00e9s, compt\u00e9s avec le personnel. En faisant le calcul avec les 35 H et la retraite \u00e0 55 ans pour tou-te-s, que nous revendiquions, nous avons abouti \u00e0 122 emplois qui se d\u00e9comptaient de la fa\u00e7on suivante : 5 veilleurs, 1 concierge, 1 standardiste, 28 OS, 25 OP, 19 aides de Labo,10 employ\u00e9-e-s, 23 technicien-ne-s, 10 ing\u00e9nieur-e-s et cadres.<br \/>\nNous proposions des embauches pour les diff\u00e9rents services :<br \/>\n&#8211; D\u00e9veloppement du service Fabrication, pour pouvoir faire tous les essais<br \/>\n&#8211; Re-cr\u00e9ation du \u00ab Service g\u00e9n\u00e9ral \u00bb pour avoir un volant d\u2019OS d\u00e9di\u00e9 \u00e0 des activit\u00e9s diverses, permettant en particulier que le m\u00e9nage et les poubelles soient \u00e0 nouveau faits par du personnel SEITA connaissant la sp\u00e9cificit\u00e9 du tabac, qui produit beaucoup de poussi\u00e8res.<br \/>\n&#8211; N\u00e9cessit\u00e9 d\u2019embaucher des veilleurs et 1 concierge pour la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019\u00e9tablissement.<br \/>\n&#8211; Embauches d\u2019OP m\u00e9caniciens, \u00e9lectriciens, \u00e9lectroniciens, chaudronniers et chauffeurs pour permettre que le travail n\u00e9cessaire pour moderniser les proc\u00e9d\u00e9s de fabrication de la SEITA et<br \/>\nInt\u00e9ressant pour les ouvriers, mais sous-trait\u00e9, revienne au personnel.<br \/>\n&#8211; Embauches pour permettre d\u2019aller former le personnel des Manu aux nouvelles technologies et aux nouveaux processus de fabrication<br \/>\n&#8211; Embauche de personnel administratif \u00e0 la place du recours \u00e0 l\u2019int\u00e9rim\u2019.<br \/>\n&#8211; Embauches pour d\u00e9velopper l\u2019activit\u00e9 au labo de chimie, contr\u00f4le et recherche<br \/>\n&#8211; Embauches au service \u00ab Qualit\u00e9 \u00bb (qui contr\u00f4lait la qualit\u00e9 des fabrications dans les usines) et travaillait \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 des produits, dont l\u2019effectif avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit apr\u00e8s le transfert de Paris aux Aubrais et qui ne pouvait plus assurer ses missions<br \/>\n&#8211; Embauches au service des brevets<br \/>\n&#8211; Embauche d\u2019informaticiens et de programmeurs<br \/>\n&#8211; Embauches au service formation<br \/>\n&#8211; Embauches pour d\u00e9velopper la recherche technique et la mise au point ainsi que le service apr\u00e8s-vente des appareils de mesures physiques<br \/>\nLes activit\u00e9s que nous proposions de d\u00e9velopper \u00e9taient les suivantes :<br \/>\n&#8211; Travailler sur l\u2019\u00e9laboration des sauces et d\u00e9velopper la fabrication des cigarettes Blondes que la SEITA n\u00e9gligeait, alors que les brunes r\u00e9gressaient. Activit\u00e9 mise en \u0153uvre pendant un temps. La Gauloise blonde et la Gitane blonde sont sorties sur le march\u00e9 en 1992, apr\u00e8s 5 ans de travail d\u2019\u00e9laboration.<br \/>\n&#8211; Etudier la composition des m\u00e9langes pour diminuer 1\/le niveau des goudrons dans la fum\u00e9e, normalis\u00e9s \u00e0 15 mg en 1987 et \u00e0 12 mg en 1990, 2\/les taux de nicotine. Les cigarettes brunes et blondes \u00e9taient concern\u00e9es. Cette activit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre<br \/>\n&#8211; Continuer \u00e0 avoir un atelier de fabrication des cigarettes pour permettre l\u2019innovation technologique et faire la mise au point de la production des nouvelles cigarettes<br \/>\n&#8211; Continuer \u00e0 d\u00e9poser des brevets. Partiellement obtenu.<br \/>\n&#8211; Travailler sur la r\u00e9solution des probl\u00e8mes pos\u00e9s par le battage et la confection des pr\u00e9m\u00e9langes de tabacs. Travail mis en \u0153uvre.<br \/>\n&#8211; R\u00e9soudre le probl\u00e8me des cloches \u00e0 vides pour l\u2019humidification du tabac blond. R\u00e9solu.<br \/>\n&#8211; R\u00e9soudre le probl\u00e8me des \u00ab rejets \u00bb (malfa\u00e7ons des cigarettes) qui pouvaient atteindre 30 % et augmentaient les co\u00fbts de fabrication : d\u00e9chirage, r\u00e9cup\u00e9ration des bouts filtres et du papier alu avant la r\u00e9introduction du tabac dans le cycle de production. Cette question a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e.<br \/>\n&#8211; Travailler sur le capage des cigares avec la bobineuse informatis\u00e9e dont nous d\u00e9noncions l\u2019abandon et dont le brevet avait \u00e9t\u00e9 vendu \u00e0 un de nos concurrents !<br \/>\n&#8211; Mise au point du dosage du monoxyde de carbone et du monoxyde d\u2019azote, en vue de l\u2019inscription obligatoire sur les paquets. Effectu\u00e9.<br \/>\n&#8211; Le tabac reconstitu\u00e9 a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9 dans l\u2019usine SEITA du Havre et c\u2019est toujours le cas<br \/>\nNous proposions la diversification de nos activit\u00e9s dans plusieurs domaines :<br \/>\n\u2022 Vendre la colle sur le march\u00e9 mondial<br \/>\n\u2022 Utilisation des huiles essentielles dans la parfumerie et l\u2019industrie pharmaceutique<br \/>\n\u2022 Vendre nos appareils de mesure hors industrie du tabac avec des adaptations. Le march\u00e9 fran\u00e7ais \u00e9tant d\u00e9ficitaire dans ce secteur. Nos appareils ont \u00e9t\u00e9 vendus dans l\u2019industrie mondiale du tabac.<br \/>\n\u2022 Fabrication des bouts filtres<br \/>\nEt nous d\u00e9noncions les moyens financiers existants dans l\u2019entreprise qui auraient d\u00fb servir \u00e0 son d\u00e9veloppement plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 supprimer des emplois et \u00e0 sp\u00e9culer et plus tard \u00e0 enrichir les actionnaires lorsqu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 privatis\u00e9e.<br \/>\nNous d\u00e9montrions que la SEITA avait de l\u2019argent pour d\u00e9velopper la Recherche. Le budget de la recherche \u00e0 la SEITA n\u2019\u00e9tait que de 1% du Chiffre d\u2019affaire, alors qu\u2019il \u00e9tait de 5 % par exemple chez Japan Tobacco<br \/>\nVoil\u00e0 la banderole (ci-dessous) qui r\u00e9sumait notre programme revendicatif et que nous promenions \u00e0 toutes les occasions possibles\u2026 Ce jour-l\u00e0 a \u00e9t\u00e9 notre 1\u00e8re sortie, un jour de manifestation nationale \u00e0 l\u2019appel de notre f\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n<p>NON A LA PRIVATISATION DE LA SEITA<br \/>\nLES BOLLORE, REEMTSMA, ON N\u2019EN VEUT PAS !<br \/>\nMAINTIEN DU STATUT DE LA RETRAITE ET DES ACQUIS<br \/>\nLES 6,5 MILLIARDS DE F DE RESERVES DOIVENT SERVIR<br \/>\nPOUR DEVELOPPER LA RECHERCHE AU CERTTA<br \/>\nCREER 122 EMPLOIS AMELIORER LES CONDITIONS DE TRAVAIL,<br \/>\nAUGMENTER LES SALAIRES DE 50% BASE SMIC A 7 500 F, FAIRE 35 h LA SEMAINE<\/p>\n<p>M\u00eame si nous n\u2019avons pas r\u00e9ussi \u00e0 obtenir les 122 embauches et \u00e0 mettre en \u0153uvre tout ce que nous proposions, des activit\u00e9s nouvelles ont vu le jour et de nouvelles technologies ont \u00e9t\u00e9 invent\u00e9es.<br \/>\nNous l\u2019avons d\u00e9fendu en permanence, pendant des ann\u00e9es, en argumentant sur les activit\u00e9s et les emplois. Nous aussi nous menions une intense bataille id\u00e9ologique, entre les tracts CGT et Ugict\/CGT, les comptes rendus de r\u00e9unions de CE, dont le tirage demandait des ruses de sioux pour les tirer sur les photocopieuses de la direction qui \u00e9taient surveill\u00e9es\u2026 Tout autant que nous\u2026 Auxquels s\u2019ajoutaient les journaux de cellules, ainsi que les journaux d\u00e9partementaux de la CGT et du PCF qui donnaient l\u2019argumentation de fond et politique. Tant que nous avons tenu ce cr\u00e9neau, nous avons assur\u00e9 la survie de notre entreprise et emp\u00each\u00e9 les suppressions d\u2019emplois. Plus nous nous battions sur nos objectifs revendicatifs, plus la r\u00e9pression tombait, mais rien ne nous arr\u00eatait ! A chaque initiative que nous prenions, les coups de b\u00e2tons et les sanctions tombaient. Nous \u00e9tions tr\u00e8s irr\u00e9v\u00e9rencieuses envers le patron, nous lui tenions t\u00eate en permanence. Par exemple un jour nous \u00e9tions all\u00e9-e-s \u00e0 l\u2019ANPE, tenir un \u00ab bureau d\u2019embauche \u00bb pour \u00ab recruter \u00bb des ch\u00f4meurs que nous avons ramen\u00e9s dans l\u2019entreprise pour que le patron les re\u00e7oive\u2026 Ce jour l\u00e0 nous avons bien failli \u00eatre licenci\u00e9-e-s\u2026 De la m\u00eame fa\u00e7on que nous avions plagi\u00e9 l\u2019en-t\u00eate du journal d\u2019entreprise, nous plagions les notes de services en les appelant \u00ab N\u00b0bis \u00bb\u2026<br \/>\nUn nouveau directeur est arriv\u00e9 en 1991, G\u00e9rard Curieux. Son premier \u00ab travail \u00bb avant de se pr\u00e9senter au personnel : mettre 11 avertissements \u00e0 tou-te-s les militant-e-s CGT et UGICT sur la question de l\u2019utilisation des heures syndicales\u2026 Que l\u2019inspection du travail lui a fait retirer apr\u00e8s notre intervention! Cette question des heures syndicales a \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de luttes pendant des ann\u00e9es : une ann\u00e9e que nous avions d\u00e9pass\u00e9 largement nos heures syndicales, le patron avait fait des \u00ab ponctions \u00bb sur les salaires de 5 militant-e-s. 2 d\u2019entre nous se sont enchain\u00e9s \u00e0 un radiateur dans la salle du CE, promettant d\u2019y rester jusqu\u2019\u00e0 ce que nous obtenions notre d\u00fb. L\u2019UD avec qui nous avions organis\u00e9 l\u2019action a fait venir des d\u00e9l\u00e9gations des autres entreprises et la t\u00e9l\u00e9 r\u00e9gionale qui nous a film\u00e9-e-s\u2026 Et \u00e0 19 H nous avions nos ch\u00e8ques\u2026<br \/>\nEn fait ce nouveau directeur annonc\u00e9 comme un sp\u00e9cialiste de la \u00ab communication \u00bb a \u00e9t\u00e9 le fossoy- eur de notre entreprise. Sa t\u00e2che principale : an\u00e9antir la CGT pour faire disparaitre l\u2019entreprise ! Mais ce ne fut pas simple pour lui\u2026<br \/>\nPour le 40\u00e8me anniversaire la direction, en 1993, a voulu faire plus fort que pour le 30\u00e8me en organisant une \u00ab Journ\u00e9e Porte Ouverte \u00bb pour la population. Il n\u2019en a pas eu de chagrin ! Les militant-e-s communistes de la cellule d\u2019entreprise distribuaient \u00e0 la porte un tract aux visiteurs qui \u00e9taient extr\u00eamement nombreux, d\u00e9non\u00e7ant la strat\u00e9gie europ\u00e9enne et la politique du gouvernement contre notre entreprise, contre l\u2019emploi et contre les travailleurs, d\u00e9veloppant qu\u2019une autre politique \u00e9tait possible. Dans l\u2019entreprise les militant-e-s CGT s\u2019adressaient aux gens pour leur expliquer nos propositions de d\u00e9veloppement et d\u2019embauches et les inviter \u00e0 s\u2019inscrire sur des demandes d\u2019embauches. Nous en avions recueillies plusieurs dizaines que nous sommes all\u00e9es d\u00e9poser \u00e0 la direction dans les jours suivants\u2026 et que nous avons d\u00e9fendues ensuite pendant des mois.<br \/>\nAu cours de la journ\u00e9e, nous avions vu apparaitre plusieurs personnes portant une enseigne qui a \u00e9t\u00e9 accroch\u00e9e dans l\u2019entreprise et portant l\u2019inscription : \u00ab SEITA Centre de Recherche \u00bb \u2026 Subrepticement, le CERTTA \u00e9tait devenu SCR au cours de la journ\u00e9e, sans que le CE n&rsquo;en ait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 ! En fait, c\u2019\u00e9tait une nouvelle orientation (et pas une bonne !) que la direction avait l\u2019intention d\u2019impulser, profitant de sa \u00ab JPO \u00bb \u2026 Mais elle n\u2019avait surement pas pr\u00e9vu la mobilisation militante qui a perverti le consensus qu\u2019elle avait tent\u00e9 de cr\u00e9er \u00e0 cette occasion !<br \/>\nEst-ce que pour la direction le 40\u00e8me anniversaire \u00e9tait le \u00ab baroud d\u2019honneur \u00bb avant la fermeture ? Est qu\u2019elle a eu peur que les militant-e-s refassent un \u00ab coup d\u2019\u00e9clat \u00bb ? Toujours est-il que pour le 50\u00e8me anniversaire en 2003\/2004, rien n\u2019a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 ! Pourtant le cinquantenaire d\u2019une entreprise est plus important que les 40 ans !<br \/>\nA la r\u00e9flexion et avec le recul, quand on voit ce que sont devenues les entreprises nationalis\u00e9es aujourd\u2019hui, je crois que le\/la SEITA a servi de \u00ab brouillon \u00bb ou de mod\u00e8le pour la casse des autres, ou de round d\u2019entrainement. Les gouvernements successifs se sont servis de \u00ab l\u2019exp\u00e9rience \u00bb SEITA pour affiner leur technique de casse des entreprises nationalis\u00e9es\u2026 C\u2019est \u00ab la dette \u00bb (une dette fictive organis\u00e9e de toutes pi\u00e8ces) qui sert de support id\u00e9ologique pour \u00ab justifier \u00bb privatisation, suppression d\u2019emplois et casse du statut du personnel. Ce que nous voyons aujourd\u2019hui avec la SNCF\u2026<\/p>\n<p><strong>Annie Bruant Zornette<\/strong>, avec l\u2019aide de mes camarades de combat, aujourd\u2019hui retrait\u00e9-e-s CGT.<\/p>\n<p>Le 28 f\u00e9vrier 2018<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ACTION POUR LE DEVELOPPEMENT DU CERTTA\/SCR ET LA CREATION D\u2019EMPLOIS Je suis arriv\u00e9e au SEITA (Service d\u2019Exploitation Industrielle des Tabacs et Allumettes) en septembre 1964, embauch\u00e9e au laboratoire de chimie du CERTTA (Centre de Recherches Techniques des Tabacs et Allumettes), \u00e0 Fleury les Aubrais. C\u2019\u00e9tait 2 ans apr\u00e8s la mise en place du \u00ab nouveau [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":349,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-759","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-blog"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/759","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/users\/349"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=759"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/759\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=759"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=759"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=759"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}