{"id":768,"date":"2018-05-22T20:17:16","date_gmt":"2018-05-22T18:17:16","guid":{"rendered":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/?p=768"},"modified":"2018-05-22T20:17:16","modified_gmt":"2018-05-22T18:17:16","slug":"la-ftm-et-les-conventions-collectives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/2018\/05\/22\/la-ftm-et-les-conventions-collectives\/","title":{"rendered":"La FTM et les Conventions Collectives"},"content":{"rendered":"<p>Contribution de M Dauba sur la n\u00e9gociation post soixante- huit \u00e0 l\u2019UIMM sur les classifications, la grille des salaires et l\u2019\u00e9bauche d\u2019une Convention Collective Nationale de la M\u00e9tallurgie.<br \/>\n00000000000<\/p>\n<p>La question des salaires et des d\u00e9roulements de carri\u00e8res \u00e0 la veille de Mai -Juin 1968.<br \/>\nCe qui caract\u00e9rise l\u2019\u00e9difice des garanties contractuelles de la m\u00e9tallurgie sur la premi\u00e8re partie de la d\u00e9cennie 60, c\u2019est l\u2019\u00e9clatement g\u00e9ographique et la division cat\u00e9gorielle. Les \u00ab ouvriers \u00bb et les \u00ab mensuels \u00bb rel\u00e8vent de Conventions R\u00e9gionales, construites sur le mod\u00e8le de la R\u00e9gion Parisienne, lui-m\u00eame tr\u00e8s marqu\u00e9 par la place prise par l\u2019 \u00ab ouvrier professionnel qualifi\u00e9 parisien \u00bb dans les luttes ouvri\u00e8res. Les ing\u00e9nieurs et cadres rel\u00e8vent de conventions sp\u00e9cifiques qui vont tr\u00e8s vite devenir Convention Nationale.<br \/>\nLes salaires ouvriers s\u2019articulent \u00e0 un taux horaire ; ceux des employ\u00e9s, techniciens, dessinateurs et agents de maitrises sont mensualis\u00e9s ; les ing\u00e9nieurs et cadres sont \u00ab au forfait \u00bb. Les coefficients de grille de classifications communes aux ouvriers et mensuels n\u2019entretiennent avec les salaires qu\u2019un lien tr\u00e8s relatif : les politiques salariales patronales \u00e9tant tr\u00e8s restrictives et variables selon les branches, la simple application du SMIG dans les entreprises outrepasse pour toutes les cat\u00e9gories de bas de grille (man\u0153uvres, ouvriers sp\u00e9cialis\u00e9s, employ\u00e9s sans qualification) l\u2019application du \u00ab prix du point \u00bb minima garanti, anormalement tr\u00e8s bas, aux diff\u00e9rents coefficients. Et le patronat refusant une revalorisation g\u00e9n\u00e9rale prenant en compte les qualifications, l\u2019\u00e9crasement de l\u2019\u00e9ventail des salaires vers le bas enl\u00e8ve toute signification notable au concept de \u00ab d\u00e9roulement de carri\u00e8re \u00bb pour le gros des effectifs ouvriers-employ\u00e9s, d\u2019autant que restent tr\u00e8s \u00e9tanches les cloisonnements entre fili\u00e8res ouvri\u00e8res, fili\u00e8res techniciennes, fili\u00e8res cadres (les d\u00e9finitions de fonctions sont tr\u00e8s \u00e9troitement li\u00e9es aux diff\u00e9rents m\u00e9tiers, sans crit\u00e8res d\u2019\u00e9quivalences op\u00e9rationnels.)<br \/>\nLes organisations du travail, les syst\u00e8mes de formation et les caract\u00e9ristiques sociologiques du vivier de recrutement des entreprises sont eux-m\u00eames en profonde mutation. C\u2019est la p\u00e9riode de g\u00e9n\u00e9ralisation des organisations tayloriennes de la production dans les grandes entreprises, avec l\u2019arriv\u00e9e en force des \u00ab ouvriers sp\u00e9cialis\u00e9s \u00bb (les OS sur chaine, souvent des femmes ou des salari\u00e9s d\u2019origine agricole ou immigr\u00e9e), diff\u00e9rends des cat\u00e9gories traditionnelles de \u00ab man\u0153uvre \u00bb et d\u2019 \u00ab ouvrier professionnel \u00bb bien connues du mouvement syndical. C\u2019est l\u2019arriv\u00e9e en entreprises des premi\u00e8res promotions d\u2019\u00e9l\u00e8ves sortis des lyc\u00e9es techniques et surtout des IUT et \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs en plein d\u00e9veloppement, alors que jusque l\u00e0, les labos, et bureaux d\u2019\u00e9tudes \u00e9taient le plus souvent pourvus par promotion internes (les dessinateurs, techniciens de m\u00e9thodes, les agents de maitrises, voir les ing\u00e9nieurs et cadres dits \u00ab sortis du rang \u00bb et gardant bien souvent une \u00ab culture ouvri\u00e8re \u00bb.)<\/p>\n<p>Les luttes sociales des ann\u00e9es soixante et Mai Juin 1968.<br \/>\nC\u2019est du caract\u00e8re obsol\u00e8te et d\u00e9pass\u00e9 du syst\u00e8me existant au regard des d\u00e9fis de la p\u00e9riode que vont naitre dans la FTM les id\u00e9es de \u00ab grille unique de salaires et des classifications, du man\u0153uvre \u00e0 l\u2019ing\u00e9nieur, avec prix unique du point \u00bb. Et les premiers \u00e0 l\u2019avoir mise en avant dans les luttes sont les \u00ab mensuels \u00bb des chantiers de St Nazaire et de Merlin Gerin \u00e0 Grenoble, en 66 et 67, avant qu\u2019elle ne prenne le devant de la sc\u00e8ne revendicative en 68, avec les salaires, dans toutes les usines occup\u00e9es.<br \/>\nAu niveau de la FTM, s\u2019il faut dire qu\u2019une r\u00e9flexion rapide s\u2019est engag\u00e9e sur les probl\u00e8mes majeurs pos\u00e9s par l\u2019\u00e9mergence des OS et du taylorisme (automobile et \u00e9lectronique par ex), la justice n\u00e9cessite de reconnaitre le r\u00f4le central jou\u00e9 par le collectif ETDA (Employ\u00e9s, Techniciens, dessinateurs et Agents de maitrises) dirig\u00e9 par Roger Vayne, et singuli\u00e8rement par sa composante dessinateurs et techniciens (1), dans l\u2019\u00e9laboration d\u2019un projet unificateur conduisant \u00e0 la revendication de Convention Collective Nationale.<br \/>\nC\u2019est bien \u00e9videment le rapport des forces cr\u00e9\u00e9 en 68 qui am\u00e8nera l\u2019UIMM \u00e0 ouvrir d\u00e8s 69 une n\u00e9gociation nationale sur les classifications qui durera quatre ans. On peut m\u00eame dire que 68 a permis \u00e0 l\u2019UIMM de faire accepter, tant il est vrai que la r\u00e9forme s\u2019imposait, une telle n\u00e9gociation \u00e0 ses structures r\u00e9gionales (au GIM de la R\u00e9gion Parisienne en particulier, surtout repr\u00e9sentatif de PME-PMI.) C\u2019est d\u2019ailleurs autour de la divergence radicale sur l\u2019objectif poursuivi entre l\u2019UIMM et la FTM que tourneront les enjeux des n\u00e9gociations et singuli\u00e8rement l\u2019effort d\u00e9cisif d\u2019unit\u00e9 syndicale.<br \/>\nPour rappel, les occupations d\u2019usines avaient \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par trois grandes pr\u00e9occupations : les salaires et notamment les plus bas ; la prise en compte des dipl\u00f4mes et qualifications ; les conditions et organisations surtravail. Les augmentations de salaires et du SMIG avaient \u00e9t\u00e9 substantielles, avec coup de pousse notable pour les plus bas. Les organisations du travail avaient \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9es de mani\u00e8re constructives, \u00e0 tel point qu\u2019on ne compte pas le nombre de directions d\u2019entreprises qui ont utilis\u00e9 ce qui s\u2019\u00e9tait exprim\u00e9 et les cahiers de revendications \u00e9labor\u00e9s au long des deux mois d\u2019occupation pour en d\u00e9gager de multiples \u00e9volutions, efficaces de leur point de vue (3). Restait la question des carri\u00e8res et des qualifications \u2013 dipl\u00f4mes qui feront l\u2019objet des n\u00e9gociations ouvertes en 1969.<\/p>\n<p>Les n\u00e9gociations \u00e0 l\u2019UIMM, de 1969 \u00e0 1973.<br \/>\nPour la FTM, l\u2019objectif \u00e9tait ambitieux, \u00e0 la hauteur du rapport des forces qui s\u2019\u00e9tait exprim\u00e9 : La grille unique \u00ab du man\u0153uvre \u00e0 l\u2019ing\u00e9nieur \u00bb devait \u00eatre la premi\u00e8re pierre d\u2019une \u00ab Convention Collective Nationale \u00bb. Elle devait s\u2019articuler aux formations et donc assurer des garanties de niveau d\u2019embauche des jeunes dipl\u00f4m\u00e9s. Elle devait assurer, par le \u00ab prix du point \u00bb de coefficient, des salaires minimas garantis au plus pr\u00e8s des salaires r\u00e9els dans les entreprises. Dans ce sens nous pensions que des n\u00e9gociations par branches devaient in\u00e9vitablement suivre celles de l\u2019UIMM. Au-del\u00e0 des embauches et de la reconnaissance des formations, la grille de classification devait r\u00e9pondre au souci individuel de d\u00e9roulement de carri\u00e8re et vaincre les cloisonnements cat\u00e9goriels entretenus par le patronat : dans ce sens, nous pensions nous-m\u00eames \u00e0 un syst\u00e8me de d\u00e9finitions de fonctions d\u00e9passant les m\u00e9tiers et susceptibles de situer \u00e0 la fois les \u00e9quivalences et chacun dans son emploi avec la reconnaissance de l\u2019accumulation d\u2019exp\u00e9rience. Par exemple, \u00e0 cot\u00e9 des dipl\u00f4mes, nous proposions des crit\u00e8res comme la responsabilit\u00e9, le degr\u00e9 d\u2019autonomie et \/ ou d\u2019initiative.<br \/>\nPour l\u2019UIMM, l\u2019objectif \u00e9tait tout autre et bien moins ambitieux. Face \u00e0 l\u2019obsolescence de l\u2019ancien syst\u00e8me, elle visait un syst\u00e8me le moins contraignant possible pour les entreprises, leur permettant, avec le minimum d\u2019intervention des organisations syndicales, de positionner les salari\u00e9s, notamment lors de l\u2019embauche des nouveaux profils de formation et des nouveaux m\u00e9tiers, plus qualifi\u00e9s et en phase de diversification. La r\u00e9f\u00e9rence aux dipl\u00f4mes ne devait \u00eatre qu\u2019indicative et s\u2019effacer face \u00e0 des d\u00e9finitions par niveaux de classifications qui se r\u00e9duisaient \u00e0 des d\u00e9finitions de postes. Si la mensualisation salariale des ouvriers \u00e9tait acquise, tout lien aux salaires \u00e9tait exclu, y compris au travers d\u2019un prix minimum national du point de coefficient. Si l\u2019amplitude des carri\u00e8res ouvrieres, techniques et administratives \u00e9tait n\u00e9gociable, il \u00e9tait exclu de ses objectifs d\u2019ouvrir la grille sur les fili\u00e8res cadres qui devaient rester \u00ab chasse gard\u00e9e \u00bb pour elle et la CGC (2).<br \/>\nAu plan de l\u2019unit\u00e9 syndicale, la force des revendications de 68, encore bien r\u00e9elle, a aid\u00e9 au maintien d\u2019exigences fortes. Mais les positionnements des uns et des autres ont bien refl\u00e9t\u00e9 ce qu\u2019\u00e9taient les diff\u00e9rentes approches. La FO de l\u2019\u00e9poque Bergeron \/ Mourgues (pour la m\u00e9tallurgie), est rest\u00e9e surtout soucieuse de la partie ouvri\u00e8re de la n\u00e9gociation, ne soutenant que tr\u00e8s relativement les revendications d\u2019unification des cat\u00e9gories. La CGC de Maltere \/ Marchelli (pour la m\u00e9tallurgie), tout en \u00e9tant attentive \u00e0 tout ce qui concernait les techniciens et les dipl\u00f4mes, ne posait pas les questions de carri\u00e8res d\u00e9passant les cloisonnements ant\u00e9rieurs et excluait, comme l\u2019UIMM, l\u2019int\u00e9gration des cadres dans le champ de la n\u00e9gociation. Seule la CFDT de Maire \/ Cherreque (le p\u00e8re, pour la m\u00e9tallurgie) fut un r\u00e9el soutien : issue de la scission de la CFTC cinq ans auparavant, en pleine p\u00e9riode \u00ab gauchisante \u00bb, elle se batit comme nous pour briser les divisions cat\u00e9gorielles, mais avec des positions que parfois l\u2019UIMM pouvait utiliser (par exemple, sa revendication d\u2019un salaire \u00ab bin\u00f4me \u00bb faisait obstacle \u00e0 une ouverture g\u00e9n\u00e9rales vers le haut des grilles de salaires minimas, car aboutissant \u00e0 une revendication salariale en deux parties \u2013somme fixe pour tous \/ augmentation hi\u00e9rarchis\u00e9e-, alors que la question des bas salaires avait d\u00e9j\u00e0 largement \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9e aux augmentations r\u00e9elles obtenues et mises en \u0153uvre dans les entreprises.<br \/>\nLe r\u00e9sultat fut, comme toujours, le r\u00e9sultat d\u2019un compromis \u00e0 appr\u00e9cier. Je ne reviendrai pas en d\u00e9tail sur le \u00ab constat de n\u00e9gociation \u00bb lui-m\u00eame puisqu\u2019il correspond au syst\u00e8me de classification encore en vigueur actuellement, si ce n\u2019est pour montrer \u00e0 la fois les avanc\u00e9es et les limites des acquis.<br \/>\nLe grand acquis est probablement le syst\u00e8me de grands niveaux de fonctions directement cal\u00e9 sur les grands niveaux de formations de l\u2019Education Nationale, avec des d\u00e9finitions de fonctions par crit\u00e8res objectifs offrant des points d\u2019appuis aux revendications de reconnaissance de l\u2019effort individuel dans les promotions qui jusque l\u00e0 \u00e9taient laiss\u00e9es \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation des hi\u00e9rarchies et donc des directions. En second lieu, la mensualisation des ouvriers, la cr\u00e9ation des cat\u00e9gories de \u00ab techniciens d\u2019ateliers \u00bb et du coefficient 360 en haut des fili\u00e8res techniques et administratives engageaient un d\u00e9but de d\u00e9passement des cloisonnements cat\u00e9goriels. Il reste que nous n\u2019avons pas obtenu de lien des classifications aux salaires, que l\u2019isolement des ing\u00e9nieurs et cadres \u00e9tait confirm\u00e9 et qu\u2019en l\u2019absence d\u2019un \u00ab prix du point \u00bb salarial minima, il \u00e9tait difficile de conclure \u00e0 un vrai d\u00e9but de mise en place d\u2019une Convention Collective Nationale\u2026\u2026..C\u2019est ce qui justifiera que la FTM se contente d\u2019un jugement positif sur ce qui restera un \u00ab constat de n\u00e9gociation \u00bb, diff\u00e9rend d\u2019un \u00ab accord \u00bb mais dont il \u00e9tait entendu qu\u2019il serait mis en \u0153uvre dans les entreprises.<br \/>\nL\u2019application dans les entreprises a connu un succ\u00e8s in\u00e9gal, entre les grandes ou le rapport des forces et la syndicalisation ont permis \u00e0 la fois l\u2019information des salari\u00e9s et leur mobilisation, et les autres ou le patronat est rest\u00e9 seul maitre du jeu. Et l\u00e0 s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e la faiblesse principale, mais pr\u00e9visible, du nouveau syst\u00e8me : en l\u2019absence de n\u00e9gociations compl\u00e9mentaires \u00ab de branches \u00bb qui auraient du pr\u00e9ciser les fili\u00e8res et sp\u00e9cificit\u00e9s professionnelles \u00e0 ce niveau, le texte offrait aux directions une esp\u00e8ce de \u00ab meuble \u00e0 tiroirs \u00bb dans lesquels ils pouvaient positionner \u00e0 leur guise les travailleurs.<br \/>\nLa question des branches appelle de ma part une r\u00e9flexion personnelle qui vaut ce qu\u2019elle vaut mais \u00e0 laquelle je tiens. Pour rappel, cette exp\u00e9rience sur les classifications, celle accumul\u00e9e avec les travaux de L Chavrot sur les politiques revendicatives et ceux de J Desmaison sur les groupes et les branches, avaient amen\u00e9 J Breteau et la FTM \u00e0 mettre \u00e0 l\u2019ordre du jour du Congres de Grenoble, outre la d\u00e9cision de cr\u00e9ation de l\u2019UFICT qui tenait compte des \u00e9volutions sociologiques des entreprises, la perspective de cr\u00e9ation progressive de f\u00e9d\u00e9rations de branches. Le projet \u00e9tait suffisamment \u00e9labor\u00e9 pour qu\u2019il soit envisag\u00e9 le maintien d\u2019une Coordination de ces f\u00e9d\u00e9rations et des p\u00e9r\u00e9quations financi\u00e8res de solidarit\u00e9s entre elles, au profit des plus faibles.<br \/>\nJe mets en rapport cette le\u00e7on tir\u00e9e de l\u2019\u00e9volution des entreprises par le CEF de l\u2019\u00e9poque, avec le fait que le projet de classifications dont nous \u00e9tions porteurs est vite devenu un projet revendicatif pour l\u2019UGICT et toute la CGT pour le priv\u00e9. Je la mets en rapport avec les difficult\u00e9s r\u00e9currentes \u00e0 d\u00e9finir clairement sur le terrain, ce qui revient aux structures interprofessionnelles et professionnelles de la CGT, particuli\u00e8rement au niveau d\u00e9partemental. Je pense que les mutations mal prises en compte entre la coh\u00e9rence socioprofessionnelle et industrielle de la m\u00e9tallurgie des ann\u00e9es trente jusqu\u2019aux cinquante, par rapport aux r\u00e9alit\u00e9s nouvelles, avaient progressivement transform\u00e9 la FTM et ses USTM en v\u00e9ritable Conf\u00e9d\u00e9ration \u00e0 elles seules. En trente ans, les entreprises des industries naissantes de l\u2019automobile, de la construction d\u2019avions et de la t\u00e9l\u00e9phonie, authentiquement entreprises \u00ab des m\u00e9taux \u00bb \u00e0 cot\u00e9 des plus anciennes de la machine outil, de la sid\u00e9rurgie, de la navale, de la construction \u00e9lectrique, voir du tissus parisien de petites et moyennes entreprises dites du \u00ab travail sur m\u00e9taux \u00bb, \u00e9taient devenues des groupes aux technologies et organisations du travail beaucoup plus diversifi\u00e9es, (voir en particulier l\u2019\u00e9lectronique et l\u2019informatique.) Je la mets enfin en rapport avec les structures du patronat de la m\u00e9tallurgie lui-m\u00eame, qui distingue : ses structures de n\u00e9gociations sociales qu\u2019elle maintient au niveau le plus g\u00e9n\u00e9ral possible pour rendre plus difficile l\u2019influence syndicale et obscurcir, au profit des directions d\u2019entreprises, le rapport entre les accords qu\u2019elle conclue et le v\u00e9cu concret des travailleurs ; et ses structures de repr\u00e9sentations industrielles, technologiques et commerciales qu\u2019elle d\u00e9centralise \u00e0 contrario au niveau concret des branches (le GIFAS par ex).<br \/>\nOn le sait, la FTM n\u2019a pas poursuivi plus avant le choix du Congres de Grenoble. Je pense que ce fut une erreur. Sous la direction d\u2019A Sainjon surtout, mais \u00e9galement apr\u00e8s, ce qui semble l\u2019avoir emport\u00e9 (parmi les arguments avanc\u00e9s (4)) est le retournement de tendance de la d\u00e9cennie 70 du point de vue de la syndicalisation\u2026.les difficult\u00e9s sur ce terrain, avec leurs cons\u00e9quences sur les moyens militants et financiers, justifieraient ce renoncement, avec la crainte de se retrouver avec des entit\u00e9s, certes diversifi\u00e9es et plus proche des r\u00e9alit\u00e9s mais trop faibles et donc en difficult\u00e9.<br \/>\nJe ne r\u00e9ponds pas \u00e0 la place des dirigeants actuels de la FTM, d\u2019autant que les derni\u00e8res n\u00e9gociations \u00e0 l\u2019UIMM ont apport\u00e9 quelques am\u00e9liorations \u00e0 la grille. Mais je pose la question : Quelle port\u00e9e concr\u00e8te et donc quel caract\u00e8re mobilisateur pourrait avoir un projet global de Classifications \/ salaires minimas garantis \/ syst\u00e8me de carri\u00e8re et de formation \/ dur\u00e9e et organisations du travail, etc, qui en resterait au niveau de g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 d\u2019une Convention Collective Nationale couvrant la diversit\u00e9 actuelle de ce que nous continuons d\u2019appeler \u00ab la m\u00e9tallurgie \u00bb ? Poser la question, c\u2019est y r\u00e9pondre : Sans projets de Conventions Collectives par branches, ou pour le moins de forts avenants de branches, ce n\u2019est plus l\u2019UIMM qu\u2019il s\u2019agirait de contraindre \u00e0 n\u00e9gocier, mais directement le MEDEF !<br \/>\nJe reste convaincu qu\u2019il fallait maintenir l\u2019objectif de d\u00e9centralisation en f\u00e9d\u00e9rations de branches, pr\u00e9cis\u00e9ment en raison des difficult\u00e9s d\u2019organisation : rapprocher le discours syndical des r\u00e9alit\u00e9s concr\u00e8tes v\u00e9cues dans leur diversit\u00e9 pouvait \u00eatre un moyen de relancer l\u2019int\u00e9r\u00eat pour la syndicalisation en cours d\u2019essoufflement. Certes, les dirigeants f\u00e9d\u00e9raux de l\u2019\u00e9poque n\u2019auraient plus eu le poids que leur donnait la grande f\u00e9d\u00e9ration des m\u00e9taux, mais en partageant l\u2019honneur et la responsabilit\u00e9 de diriger le mouvement d\u2019adaptation d\u00e9cid\u00e9, ils auraient, avec un plus grand nombre de futurs secr\u00e9taires de f\u00e9d\u00e9rations nouvelles, plus souples et plus mobiles, mis le mouvement davantage en capacit\u00e9 de r\u00e9agir aux mutations en cours\u2026\u2026En tous cas, c\u2019est ce \u00e0 quoi s\u2019\u00e9tait r\u00e9solu J Breteau.<\/p>\n<p>00000000000<\/p>\n<p>(1) C\u2019est ce collectif qui, avec les camarades du SNCIM sera \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation de l\u2019UFICT.<br \/>\n(2) Parallellement devait d\u2019ailleurs s\u2019ouvrir une n\u00e9gociation nationale qui d\u00e9bouchera sur une \u00ab Convention Collective Nationale des ing\u00e9nieurs et cadres de la m\u00e9tallurgie \u00bb, n\u00e9gociation \u00e0 laquelle participera notre SNCIM et qui apportera des am\u00e9liorations sensibles, notamment sur la position 1, comme position d\u2019accueil des jeunes dipl\u00f4m\u00e9s des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs, avec le d\u00e9lai de promotion automatique en position 2.<br \/>\n(3) C\u2019est particuli\u00e8rement vrai dans les industries de pointe : \u00e9lectronique et a\u00e9ronautique par exemple. Mais c\u2019est vrai aussi, plus globalement et de mani\u00e8re perverse, avec les travaux de la \u00ab trilat\u00e9rale \u00bb au plan mondial et des assises du CNPF \u00e0 Marseille pour la France ou seront pr\u00e9cis\u00e9s, d\u00e8s le d\u00e9but de la d\u00e9cennie 70, les enseignements que les multinationales et le patronat tiraient des \u00e9v\u00e9nements , aboutissant aux nouvelles formes, dites de \u00ab gestion des ressources humaines \u00bb et de restructuration des grandes entreprises dans lesquelles nous baignons aujourd\u2019hui. L\u2019aspiration \u00e0 la reconnaissance individuelle sera d\u00e9natur\u00e9e au profit de l\u2019individualisation et contre les garanties collectives. Les restructurations conduiront aux filialisations et \u00e0 l\u2019\u00e9clatement des grosses unit\u00e9s de production, aux sous traitances, voir plus tard avec la mondialisation, aux d\u00e9localisations.<br \/>\n(4) Il m\u2019a \u00e9t\u00e9 dit que G S\u00e9guy se serait oppos\u00e9 \u00e0 une telle \u00e9volution. Il m\u2019a \u00e9t\u00e9 dit aussi que les rapports d\u2019alors entre la CGT et le Parti Communiste ont conduit \u00e0 s\u2019aligner sur la position de ce dernier, d\u00e9favorable \u00e0 une telle \u00e9volution. Personnellement, je n\u2019ai jamais entendu, ni \u00e0 l\u2019\u00e9poque, ni depuis dans l\u2019exercice de mes responsabilit\u00e9s au PCF, \u00e9voquer une telle intervention. S\u2019il ne faut pas l\u2019exclure, sachant ce qu\u2019\u00e9tait l\u2019instrumentalisation du syndicat pour sa capacit\u00e9 \u00e0 participer aux rassemblements partisans et la place de la m\u00e9tallurgie, aux cot\u00e9s du PCF dans les grands moments du mouvement ouvrier, les consid\u00e9rants syndicaux de nature revendicatifs \u00e9taient suffisamment forts pour ne pas y c\u00e9der.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Contribution de M Dauba sur la n\u00e9gociation post soixante- huit \u00e0 l\u2019UIMM sur les classifications, la grille des salaires et l\u2019\u00e9bauche d\u2019une Convention Collective Nationale de la M\u00e9tallurgie. 00000000000 La question des salaires et des d\u00e9roulements de carri\u00e8res \u00e0 la veille de Mai -Juin 1968. 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