{"id":822,"date":"2019-01-07T11:24:44","date_gmt":"2019-01-07T10:24:44","guid":{"rendered":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/?p=822"},"modified":"2019-01-16T10:21:07","modified_gmt":"2019-01-16T09:21:07","slug":"industrie-le-cas-de-berliet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/2019\/01\/07\/industrie-le-cas-de-berliet\/","title":{"rendered":"INDUSTRIE : Le cas de BERLIET"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Berliet (1944-1947)<\/strong><\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Un article d\u2019Andr\u00e9 Jaegl\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>\u00ab Un grand nombre de travailleur a suivi avec attention et sympathie la marche d\u2019une grande entreprise fran\u00e7aise, la Soci\u00e9t\u00e9 des automobiles Berliet, laquelle, depuis la lib\u00e9ration en septembre 1944 fonctionne en marge des r\u00e8gles classiques du syst\u00e8me capitaliste, sous la direction exclusive des travailleurs organis\u00e9s dans la C.G.T., ceux-ci \u00e9tant responsables devant les seuls pouvoirs publics. \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nCes mots sont extraits de \u00ab Travail &amp; Technique \u00bb (n\u00b011, mai-juin 1947), la publication mensuelle de ce qui s\u2019appelait encore le Cartel conf\u00e9d\u00e9ral des cadres de la CGT. La reconstruction du pays, de son \u00e9conomie au lendemain de la guerre doit mobiliser toutes les \u00e9nergies. Le journal consacre chaque mois ses deux pages centrales (sur un total de 12) \u00e0 \u00ab La France au travail \u00bb. Cela commence avec \u00ab L\u2019effort de reconstruction de la SNCF \u00bb (juin 1946), \u00ab La restauration des usines et r\u00e9seaux \u00e9lectriques \u00bb (juillet), \u00ab La reconstruction et l\u2019urbanisme \u00bb (ao\u00fbt-septembre), \u00ab La propulsion \u00e0 r\u00e9action \u00bb (octobre), etc. Une photo, bien que d\u00e9grad\u00e9e par la grossi\u00e8ret\u00e9 de la trame, donne \u00e0 voir ce qu\u2019il reste de l\u2019usine de V\u00e9nissieux (pr\u00e8s de Lyon) en septembre 1944 apr\u00e8s les bombardements des arm\u00e9es alli\u00e9es.<br \/>\nL\u2019attitude constructive de la CGT a rev\u00eatu des formes vari\u00e9es au cours de son histoire. On ne vise pas ici de la manifestation purement symbolique d\u2019une id\u00e9ologie mais le r\u00e9alisme devant les faits. L\u2019article, sign\u00e9 Marcel Mosnier, administrateur provisoire, pr\u00e9sente les r\u00e9sultats de trois ans de gestion c\u00e9g\u00e9tiste.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nLes r\u00e9sultats industriels, d\u2019abord :<br \/>\n\u00ab [&#8230;] de 20 ch\u00e2ssis de 7 tonnes en septembre 1944, la production passait \u00e0 une moyenne mensuelle de 141 en 1945, 240 en 1946, et atteint actuellement 355 v\u00e9hicules. Partie d\u2019un v\u00e9hicule unique, la gamme actuelle comprend des camions de 5, 7 et 10 tonnes, des autobus urbains et interurbains, un trolleybus. \u00bb<br \/>\nLes effectifs auront plus que doubl\u00e9, passant dans la m\u00eame p\u00e9riode, de 3800 \u00e0 7800. Cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 sans un vigoureux effort de r\u00e9organisation : reconstitution des services d\u2019\u00e9tudes, condition pour la cr\u00e9ation de mat\u00e9riels nouveaux : un prototype est annonc\u00e9 pour les d\u00e9buts de 1948 ; accroissement de la puissance des v\u00e9hicules, de leur maniabilit\u00e9, de leur dur\u00e9e de vie (pas de politique d\u2019obsolescence programm\u00e9e, on s\u2019en doute) ; standardisation ouvrant la voie \u00e0 des v\u00e9hicules industriels lourds. La n\u00e9cessit\u00e9 de faire face \u00e0 la concurrence am\u00e9ricaine entre dans la d\u00e9finition de cette politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nLes r\u00e9sultats \u00e9conomiques maintenant :<br \/>\n\u00ab Les bilans des trois ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es (1) ont \u00e9t\u00e9 clos avec des r\u00e9sultats positifs et, \u00e0 celui de 1946 appara\u00eet un b\u00e9n\u00e9fice net de 34 millions(2), apr\u00e8s r\u00e9partition au personnel de 40 millions et constitution d\u2019importantes r\u00e9serves pour le renouvellement de l\u2019outillage et des stocks, [&#8230;], la modernisation des machines-outils \u00bb<br \/>\nIl faut pr\u00e9ciser ici que le statut juridique de l\u2019entreprise (soci\u00e9t\u00e9 plac\u00e9e sous s\u00e9questre (3)) la privait du recours \u00e0 l\u2019\u00e9pargne et aux aides de l\u2019\u00c9tat. C\u2019est du moins ce qu\u2019affirme Marcel Mosnier.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">On en arrive aux r\u00e9sultats humains, les plus significatifs, aux yeux de l\u2019auteur. \u00ab<strong> Une usine humaine<\/strong> \u00bb annonce le sous-titre :<br \/>\n\u00ab Les r\u00e9sultats mat\u00e9riels ne sont pas les seuls qui importent \u00e0 nos yeux. Ils ne sont que les moyens de parvenir \u00e0 des am\u00e9liorations sur les plans social et humain, le but final \u00e9tant, par la cr\u00e9ation de conditions mat\u00e9rielle favorables, l\u2019\u00e9panouissement de la personne humaine. Pour cela beaucoup de soins ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s aux questions sociales, dans un esprit exempt de paternalisme, et en remettant aux int\u00e9ress\u00e9s eux-m\u00eames, dans le sein des organisations syndicales, la responsabilit\u00e9 de conduire et d\u00e9velopper les diff\u00e9rentes institutions n\u00e9es des initiatives de tous. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nPassons sur la m\u00e9decine, les sports, et relevons ce qui suit :<br \/>\n\u00ab Une vaste propri\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 acquise dans les montagnes lyonnaises et est am\u00e9nag\u00e9e pour y recevoir les convalescents de l\u2019entreprise et 400 enfants du personnel. La ferme produit et distribue aux nourrissons un lait pasteuris\u00e9 et riche qui acc\u00e9l\u00e8re leur d\u00e9veloppement et fournit aux cantines du personnel de la viande bovine et porcine qui permet d\u2019am\u00e9liorer les menus quotidiens. \u00bb<br \/>\nEn lisant ces phrases aujourd\u2019hui, ceux qui ont v\u00e9cu cette \u00e9poque peuvent t\u00e9moigner de leur signification aux yeux du lecteur contemporain. Les derniers tickets de rationnement n\u2019ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9s que le 1er d\u00e9cembre 1948. On faisait boire du lait aux enfants dans les \u00e9coles.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nLa direction provisoire accorde une importance essentielle \u00e0 ce qu\u2019elle appelle \u00ab la formation intellectuelle \u00bb :<br \/>\n\u00ab Gr\u00e2ce au concours des ing\u00e9nieurs et cadres de l\u2019U.N.I.T.E.C., des cours professionnels (dessin, m\u00e9canique, g\u00e9n\u00e9raux (langues, fran\u00e7ais) ou m\u00e9nagers (cuisine, coup, pu\u00e9riculture), accueillent tous ceux qui veulent augmenter leur bagage de connaissances. Les inscrits de 1946 ont doubl\u00e9s par rapport \u00e0 1945. [&#8230;] la formation professionnelle s\u2019\u00e9largit : augmentation des effectifs de jeunes, cr\u00e9ation d\u2019un v\u00e9ritable cycle de perfectionnement de deux ans et d\u2019un second de m\u00eame dur\u00e9e, suivant l\u2019apprentissage proprement dit, formant des ouvriers hautement qualifi\u00e9s et les pr\u00e9parant aux postes de ma\u00eetrise. \u00bb<br \/>\nEt pour finir, quid de l\u2019int\u00e9ressement ?<br \/>\n\u00ab En octobre 1946, nous avons mis en application une formule int\u00e9ressant la totalit\u00e9 du personnel \u00e0 la bonne marche g\u00e9n\u00e9rale. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019un tiers des r\u00e9sultats b\u00e9n\u00e9ficiaires mensuels seraient r\u00e9partis dans la proportion des coefficients hi\u00e9rarchiques, afin que du man\u0153uvre aux directeurs, tous soient mat\u00e9riellement int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 utiliser au mieux leur temps, les produits, l\u2019\u00e9nergie, les mati\u00e8res premi\u00e8res et les machines. Cette prime, dite prime \u2018de production et de gestion\u2019 a donn\u00e9 des majorations de salaires qui ont vari\u00e9 de 9,2 \u00e0 16,2 % \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nConcluant son article, apr\u00e8s quelques consid\u00e9rations sur le sens des responsabilit\u00e9s susceptible de se d\u00e9velopper lorsqu\u2019on \u00e9chappe \u00e0 l\u2019exploitation capitaliste, Marcel Mosnier livre son ambition en caract\u00e8res gras :<br \/>\n\u00ab Il appartient maintenant au l\u00e9gislateur de d\u00e9cider si cette exp\u00e9rience se poursuivra et fera ses preuves d\u00e9finitives, dans le cadre d\u2019un statut d\u00e9finitif, ou si elle retournera au secteur capitaliste priv\u00e9. Les travailleurs de l\u2019entreprise se sont d\u00e9j\u00e0, et avec force, prononc\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Nous sommes au printemps 1947. Le programme du Conseil National de la R\u00e9sistance (14 mars 1944) n\u2019avait que trois ans. Ce qu\u2019il est advenu, on peut en avoir une id\u00e9e en lisant les pages ci-apr\u00e8s, trouv\u00e9es sur la toile<\/strong><br \/>\n<strong>Berliet sur Wikipedia : \u00ab\u00a0Une autre histoire\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nLa France d\u00e9clare la guerre \u00e0 l&rsquo;Allemagne le 3 septembre 1939. Au pr\u00e9texte qu&rsquo;\u00ab aucune mesure n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 prise pour la mise en route des fabrications de guerre \u00bb, les usines Berliet sont r\u00e9quisitionn\u00e9es le 30 septembre sur ordre de Raoul Dautry, ministre de l&rsquo;Armement. Il place \u00e0 leur t\u00eate l&rsquo;ing\u00e9nieur g\u00e9n\u00e9ral Carr\u00e9 et le polytechnicien Maurice Roy, ing\u00e9nieur en chef des Mines. Ils obtiennent, en d\u00e9cembre, les cr\u00e9dits pour les commandes de tours n\u00e9cessaires \u00e0 la fabrication d&rsquo;obus &#8211; refus\u00e9s \u00e0 Marius Berliet en septembre. Le premier lot de 1 200 obus est livr\u00e9 le 4 juin 1939. Maurice Roy quitte l&rsquo;usine le 18 juin sans donner aucune consigne au personnel. Marius Berliet peut revenir \u00e0 V\u00e9nissieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nDans le souci de pr\u00e9server l&#8217;emploi &#8211; 6 800 personnes &#8211; l&rsquo;usine fabrique des gazobois mis au point entre les deux guerres et qui \u00e9quipent les v\u00e9hicules de la zone sud. Tout en \u00e9tant en zone libre jusqu&rsquo;en 1942, Automobiles M. Berliet subit les d\u00e9cisions prises par l&rsquo;arm\u00e9e d&rsquo;occupation en raison de l&rsquo;installation, depuis les ann\u00e9es 1910, d&rsquo;une succursale-atelier situ\u00e9e \u00e0 Courbevoie en zone occup\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nL&rsquo;organisme militaire allemand G.B.K. qui dirige et contr\u00f4le l&rsquo;industrie et le commerce de l&rsquo;automobile en Allemagne et dans les territoires occup\u00e9s accorde \u00a0\u00bb les bons mati\u00e8res \u00a0\u00bb \u00e0 condition que les v\u00e9hicules ou pi\u00e8ces soient livr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;occupant pour un tonnage ou valeur \u00e9quivalente. La production annuelle diminue entre 1940 et 1944 : 6 416 en 1940, 3 098 en 1941, 2 378 en 1942, 1 528 en 1943 et 996 en 1944. Dans la nuit du 1er au 2 mai 1944, l&rsquo;usine subit un bombardement des forces alli\u00e9es qui an\u00e9antit la Cit\u00e9 Berliet \u00e9vacu\u00e9e quelques jours plus t\u00f4t. Les dommages industriels sont relativement modestes \u00e0 l&rsquo;exception de la Fonderie.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nDu 1er octobre 1940 au 31 juillet 1944, les 17 constructeurs fran\u00e7ais ont livr\u00e9 116 917 v\u00e9hicules aux autorit\u00e9s allemandes dont pour Renault 32 877, Citro\u00ebn 32 248, Peugeot 22 658, Ford 10 620 et Berliet 2 389.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nLe 3 septembre 1944, Marius Berliet est arr\u00eat\u00e9 sans mandat judiciaire, les FTP r\u00e9quisitionnent les usines Berliet, le Commissaire de la R\u00e9publique \u00e0 Lyon Yves Farge, s&rsquo;appuyant sur la loi du 10 septembre 1940, place l&rsquo;entreprise sous s\u00e9questre le 5 septembre et fait arr\u00eater les quatre fils &#8211; Jean, Henri, Maurice et Paul &#8211; le 13 septembre 1944. Apr\u00e8s deux ann\u00e9es d&#8217;emprisonnement, Marius, Paul et Jean sont jug\u00e9s en juin 1946 &#8211; Maurice et Henri n&rsquo;\u00e9tant passibles que de la chambre civique. Le 8 juin 1946, le pr\u00e9venu Marius Berliet \u00a0\u00bb dit coupable d&rsquo;avoir sciemment accompli un ou plusieurs actes de nature \u00e0 nuire \u00e0 la d\u00e9fense nationale \u00a0\u00bb est condamn\u00e9 \u00e0 deux ans de prison, \u00e0 l&rsquo;indignit\u00e9 nationale, \u00e0 la confiscation de ses biens et \u00e0 une interdiction de s\u00e9jour dans l&rsquo;agglom\u00e9ration parisienne, les d\u00e9partements du Rh\u00f4ne et limitrophes. En raison de son \u00e9tat de sant\u00e9, sa peine est commu\u00e9e en assignation \u00e0 r\u00e9sidence surveill\u00e9e, sous surveillance m\u00e9dicale judiciaire \u00e0 Cannes. Malgr\u00e9 l&rsquo;exil, le vieillard, diminu\u00e9 par la maladie, reste pugnace. Entre 1946 et 1949, il r\u00e9dige des centaines de lettres, tracts et brochures \u00a0\u00bb la V\u00e9rit\u00e9 sur l&rsquo;affaire Berliet \u00ab\u00a0, \u00a0\u00bb Exp\u00e9rience sovi\u00e9tique chez Berliet \u00a0\u00bb qu&rsquo;il envoie \u00e0 des personnalit\u00e9s de l&rsquo;administration, de la politique, du monde \u00e9conomique. Il d\u00e9c\u00e8de le 17 mai 1949.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nLe commissaire de la R\u00e9publique \u00e0 Lyon nomme un de ses proches, Marcel Mosnier, militant actif au parti communiste, administrateur s\u00e9questre d&rsquo;Automobiles M. Berliet. Ce dernier, en s&rsquo;entourant de deux personnes, forme un Comit\u00e9 de gestion approuv\u00e9 par le Pr\u00e9fet du Rh\u00f4ne.<br \/>\nLe comit\u00e9 de gestion cr\u00e9e des organismes qui constituent un quadrillage syndical jusqu&rsquo;au niveau des sections d&rsquo;ateliers, le comit\u00e9 central d&rsquo;entreprise, le comit\u00e9 social, les comit\u00e9s de b\u00e2timents, les assembl\u00e9es p\u00e9riodiques de compte-rendu. \u00ab\u00a0L&rsquo;union \u00a0\u00bb est le mot d&rsquo;ordre constamment r\u00e9p\u00e9t\u00e9 de cette nouvelle organisation, exp\u00e9rience de \u00a0\u00bb l&rsquo;usine sans patron \u00ab\u00a0, la plus grande op\u00e9ration de gestion ouvri\u00e8re de l&rsquo;apr\u00e8s guerre.<br \/>\nApr\u00e8s quelques mois de motivation ouvri\u00e8re, d\u00e8s 1945, le groupe qui entra\u00eene l&rsquo;exp\u00e9rience et o\u00f9 les communistes sont en majorit\u00e9 se d\u00e9tache progressivement de la masse indiff\u00e9rente.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nLa production de deux mod\u00e8les d&rsquo;avant guerre, les types VDC et GDR, mais gazobois, puis en 1946 du mod\u00e8le GDM et les \u00e9tudes des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes reprennent, l&rsquo;effectif \u00e9tant de 3 200 personnes. En 1945\/1946 d\u00e9butent les avant-projets d&rsquo;\u00e9tudes du camion 5 tonnes GLR.<br \/>\nApr\u00e8s le proc\u00e8s de juin 1946, Marcel Mosnier est confirm\u00e9 dans ses fonctions en qualit\u00e9 d&rsquo;administrateur provisoire par le communiste Marcel Paul, ministre de la Production industrielle.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nDans le contexte d\u00e9grad\u00e9 de l&rsquo;ann\u00e9e 1947, marqu\u00e9e par la baisse de la productivit\u00e9, la crise de la qualit\u00e9, l&rsquo;exasp\u00e9ration croissante des cadres face au processus du noyautage communiste, une gr\u00e8ve des cadres et techniciens \u00e9clate en novembre et d\u00e9cembre 1947. Un nouvel administrateur provisoire, Henri Ansay, SFIO, ancien chef de cabinet de Vincent Auriol, est nomm\u00e9 en remplacement de Marcel Mosnier le 10 d\u00e9cembre 1947. Henri Ansay ne souhaitant pas s&rsquo;\u00e9loigner de Paris d\u00e9signe un directeur g\u00e9n\u00e9ral, Antoine de Tavernost bas\u00e9 \u00e0 Lyon. Ils s&#8217;emploieront \u00e0 r\u00e9former la direction de l&rsquo;entreprise en supprimant ou mettant en sommeil les structures \u00e9tablies en 1944 et \u00e0 tenter de restaurer progressivement la discipline. En 1948, la production s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 4 079 v\u00e9hicules.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\n\u00c0 la demande de Pierre Lefaucheux, pr\u00e9sident de la R\u00e9gie Nationale des Usines Renault (RNUR), Henry Ansay va reprendre, sans succ\u00e8s, les pourparlers de rapprochement entre Berliet et la RNUR, pourparlers qui avaient \u00e9chou\u00e9 trois ans auparavant.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nLes revendications salariales donnent lieu \u00e0 des gr\u00e8ves fr\u00e9quentes, notamment en janvier 194967. La situation financi\u00e8re est tendue \u00e0 la fois par les besoins de financement li\u00e9s au lancement du GLR et \u00e0 la baisse du carnet de commandes, donc des acomptes.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nPar arr\u00eat du 22 juillet 1949, le Conseil d&rsquo;\u00c9tat saisi par la famille Berliet, annule l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 du 1er ao\u00fbt 1946 qui avait nomm\u00e9 Marcel Mosnier administrateur provisoire. Ipso facto, la nomination d&rsquo;Henri Ansay devient caduque. Le 28 juillet 1949, celui-ci est maintenu dans ses fonctions par le gouvernement.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nIl s&rsquo;ensuit un bras de fer entre le Conseil d&rsquo;\u00c9tat et le gouvernement qui se termine par l&rsquo;arr\u00eat du Conseil d&rsquo;\u00c9tat du 28 d\u00e9cembre 1949 qui casse l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 nommant Henri Ansay administrateur provisoire. Automobiles M. Berliet est restitu\u00e9e \u00e0 ses propri\u00e9taires. Entre janvier 1947 et novembre 1949, le sort juridique de l&rsquo;entreprise a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une vingtaine de projets de nationalisation d\u00e9pos\u00e9s au Parlement.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\nhttps:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Berliet#La_d\u00e9cennie_1940<\/p>\n<p>[1] Il s\u2019agit donc des ann\u00e9es 1944, 1945, 1946.<\/p>\n<p>[2] \u2018Millions de francs\u2019 de l\u2019\u00e9poque, faut-il le pr\u00e9ciser, donc \u00e0 diviser par 665 pour se repr\u00e9senter la chose en Euros<\/p>\n<p>[3] Le mot \u00ab\u00a0s\u00e9questre\u00a0\u00bb d\u00e9signe \u00e0 la fois une personne et une institution juridique. Le \u00ab\u00a0s\u00e9questre\u00a0\u00bb est la personne auquel un Tribunal confie le soin d&rsquo;assurer la garde et l&rsquo;administration d&rsquo;un bien. La \u00ab\u00a0mise sous s\u00e9questre\u00a0\u00bb est la mesure conservatoire \u00e0 caract\u00e8re provisoire permettant de mettre \u00a0\u00bb sous main de justice\u00a0\u00bb une somme d&rsquo;argent, un <a href=\"https:\/\/www.dictionnaire-juridique.com\/definition\/biens-les.php\">bien meuble ou un bien immeuble<\/a> pour le rendre momentan\u00e9ment indisponible jusqu&rsquo;\u00e0 ce que, ou bien intervienne une <a href=\"https:\/\/www.dictionnaire-juridique.com\/definition\/transaction.php\">transaction<\/a> entre les parties, ou bien jusqu&rsquo;\u00e0 ce que soit rendue une d\u00e9cision de justice. Elle intervient en g\u00e9n\u00e9ral lorsque des personnes se disputent la propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;un bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Berliet (1944-1947) Un article d\u2019Andr\u00e9 Jaegl\u00e9 \u00ab Un grand nombre de travailleur a suivi avec attention et sympathie la marche d\u2019une grande entreprise fran\u00e7aise, la Soci\u00e9t\u00e9 des automobiles Berliet, laquelle, depuis la lib\u00e9ration en septembre 1944 fonctionne en marge des r\u00e8gles classiques du syst\u00e8me capitaliste, sous la direction exclusive des travailleurs organis\u00e9s dans la C.G.T., [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":349,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[4],"class_list":["post-822","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-blog","tag-industrie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/822","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/users\/349"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=822"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/822\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=822"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=822"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/syndicoop.fr\/empreintes\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=822"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}