Des directeurs et directrices d’établissements qui sont syndiqués CGT ? Oui ça existe.

Entretien avec Yves Richez animateur du collectif des Directeurs UFMICT CGT qui couvre le champ des directeurs d’établissement sanitaire, social et médico-social, des directeurs d’hôpital ; et des directeurs de soins.

Quel est le champ couvert par le collectif des Directeurs au sein de l’UFMICT ?

Notre collectif couvre le champ de trois corps de fonctionnaires :

  • Les directeurs d’établissement sanitaire, social et médico-social (DS3) ;
  • Les directeurs d’hôpital (DH) ;
  • Les directeurs de soins (DS).

Chaque corps est structuré en 2 classes auxquelles s’ajoute un grade d’avancement fonctionnel accessible en fonction de critères budgétaires.

Quelle est la typologie de ces trois corps de directeurs ?

Le corps des directeurs d’établissement sanitaire, social et médico-social (DS3)  est composé de 1732 agents dont 58 % sont des femmes. La moyenne d’âge de ce corps est de 47 ans. Entre 2014 et 2016, 143 postes ont été supprimés.
S’agissant du corps des directeurs d’hôpital (DH), il est composé de 2988 agents dont 42 % des femmes. La parité devrait être atteinte dans cinq ans compte tenue de la démographie du corps. En effet, la moyenne d’âge de ce corps est de 50 ans. De 2014 à 2016, 118 postes ont été supprimés dans ce corps.

Enfin, le corps des directeurs de soin compte 753 agents et le taux de féminisation s’élève à 73 % La moyenne d’âge est de 56 ans. Entre 2014 et 2016, 53 postes ont été supprimés.

Pour les trois corps, entre 2014 et 2016, c’est 314 postes de directeurs qui ont été supprimés (-5.5 % et en décroissance régulière depuis 2007).

Quelles sont les revendications portées par le collectif des directeurs ?

Il y a tout d’abord les revendications communes aux 3 corps :

  • Carrière : linéaire, 3 grades, amplitude maximale de 30 ans, reconnaissance de la mobilité interne ;
  • Rémunérations : de 2 fois le salaire minimum revendiqué par la CGT en début de carrière, soit 3600 euros brut par mois, à 4 fois en fin de carrière ; part variable et aléatoire de la rémunération limitée à 10 % du traitement total, mensualisation du régime indemnitaire, maintien de la rémunération des élèves-directeurs issus du 3ème concours ou précédemment contractuels si elle est supérieure à celle de leur grille, cotisations retraite sur la totalité des rémunérations primes et indemnités comprises ;
  • Emplois : créer 1000 postes par concours en valorisant la promotion sociale (moyens accrus à accorder aux cycles de préparation), plan de titularisation pour pourvoir les postes vacants ou supprimés et tenir compte des perspectives démographiques, pénalisation financière de l’intérim ;
  • Gestion nationale et mobilité : pas d’intervention des ARS, publicité obligatoire des postes vacants, cartographie et suivi des emplois, concertation sur les critères d’avancement et de choix, motivation, obligatoire des refus d’inscription et de désignation ;
  • Fonctions et responsabilités : promouvoir la liberté d’opinion et d’expression des directeurs comme une condition essentielle de la pratique démocratique de l’exercice des fonctions et de la qualité du processus décisionnel ;
  • Protection fonctionnelle : prise en charge assurantielle et de l’assistance juridique par l’employeur ;
  • Conditions de travail : respect de la durée légale de travail et des temps de repos hebdomadaires, droit à la déconnexion sur les temps de repos, analyse et traitement des RPS ;
  • Dialogue social : définition d’un agenda, thématiques de concertation, annuelle Ministère/ syndicats : égalité femmes/hommes ; valeurs et missions de service public ; emploi statutaire ; critères de sélection aux postes vacants ; santé au travail…
  • Formation : adaptation à l’emploi à chaque mobilité, tutorat pour le 1er emploi, formation continue à hauteur de 10 % du temps de travail ;
  • Retraite : ouverture du droit à 60 ans pour 40 années de cotisation (prise en compte des années d’études supérieures).

Le collectif des directeurs a également des revendications spécifiques à chacun de ces trois corps :

  • Directeurs des soins : réduction d’au moins un tiers des durées de carrière dans chacune des classes (3ème carrière), compensation du cadencement unique d’avancement d’échelon (le PPCR retarde de 10 ans l’atteinte du sommet de la grille), alignement indiciaire sur les 2 autres corps de directeurs jusque HEB ; déblocage de la part fixe (6 au lieu de 4) ;
  • Directeurs d’établissement sanitaire, social et médico-social et directeurs d’hôpital : unicité statutaire et régime indemnitaire commun, refus d’instaurer un ratio promus/promouvables décalqué du statut des administrateurs civils qui retardent de 5 à 10 ans l’accès à la hors- classe ;
  • Directeurs d’hôpital : accès automatique à l’échelon terminal de la hors classe dit « spécial » et contingenté budgétairement. A titre d’exemple, lors de la commission administrative paritaire nationale (CAPN), il y a eu 32 avancements sur 200 promouvables).

Sur ces revendications spécifiques, nous agissons de concert avec le CH FO et le Syncass CFDT, mais nous nous séparons d’eux sur la question du caractère aléatoire d’une part croissante de la rémunération (GRAF, NBI, Intérim, direction commune et plus récemment la prime d’exercice territorial).

Pour enrichir et porter ces revendications, quelles sont les activités du collectif  ?

Le collectif est composé d’une vingtaine de directeurs d’établissement sanitaire, social et médico-social, d’une dizaine de directeurs d’hôpital et d’un directeur des soins. Un lien est aussi entretenu avec 12 directeurs retraités.

Nous nous réunissons 3 ou 4 fois par an à Montreuil avec en moyenne une dizaine de participants. Des réunions sont aussi organisées à Lille pour les directeurs affectés dans les Hauts-de- France avec une périodicité comparable.

Le collectif représente l’UFMICT CGT aux réunions de concertation du ministère (évolution des métiers, GHT, primes, statuts…) et aux Conférences Nationales des Directeurs de CH et d’établissements pour personnes âgées et handicapées.

Nous avons également une fonction de concertation avec le CNG : défense de collègues, échange sur les questions d’actualité.

Enfin, le collectif émet régulièrement des tracts et communiqués d’information sur les luttes en cours et celles à venir.

Quelles sont les actions en cours ou à venir du collectif des directeurs ?

Nous travaillons à la mise à jour de notre plateforme revendicative. Des interventions devant les élèves de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé publique sont également programmées.

Trois grands dossiers vont continuer de nous mobiliser en 2017 : la mobilité des directeurs, le secteur médico-social, la retraite.

Comment appréhendez-vous les élections professionnelles en 2018 ?

Les élections de 2018 constituent un enjeu majeur pour le collectif mais également pour la représentativité de la CGT qui jouera sa première place d’organisation syndicale public/privé.

Pour notre collectif, il s’agit dès à présent de faire connaître largement notre corpus revendicatif et surtout pouvoir toucher un maximum de directeurs répartis sur l’ensemble du territoire national.

Pour développer les contacts qui seront utiles à la recherche de candidats pour les élections 2018, nous amplifions le lien avec les USLD. Nous envisageons une enquête sur les conditions de travail des directeurs dans chaque département avec un retour par voie postale.

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