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Le rapport présenté par la secrétaire générale sortante est placé sous le signe d’un refus radical de la fatalité. Refus qui ne se résume pas à une posture mais participe 
d’un état des lieux fouillé des difficultés et des atouts du syndicalisme dans sa capacité à incarner l’intérêt général.

Édito

Mobiliser l’encadrement

Les Ict ont toute leur place dans le mouvement social.

On le voit à la Sncf, dans les Ehpad, parmi les magistrats, chez les enseignants-chercheurs. Tous les clignotants sont au rouge : hausse de la charge de travail et risques de burn-out élevés, remise en cause de l’éthique professionnelle, crise de la reconnaissance du rôle contributif et de la qualification des Ict, extension des responsabilités mais diminution des moyens et des marges de manœuvre pour les exercer, judiciarisation plus fréquente, confiscation d’un droit public au désaccord face aux directives unilatérales des directions.

Placés devant le dilemme « se soumettre ou se démettre », ils aspirent de plus en plus à un droit de retrait et/ou de propositions alternatives face à des directives contraires à l’intérêt général ou mettant en cause la santé, la sécurité, la pérennité économique de l'entreprise ou l'égalité de traitement des usagers des services publics.

Le sondage Cadres et professions techniciennes commandé par l’Ugict illustre parfaitement le décrochage général de l'encadrement vis-à-vis des méthodes et des orientations stratégiques des entreprises comme des administrations. La proposition, à la hussarde, de loi sur le secret des affaires, symbolise le verrouillage démocratique au cœur de la méthode Macron. Elle percute de plein fouet l’éthique professionnelle et citoyenne de l'encadrement qui, en première ligne dans l’accès à l’information, se voit confisquer le droit au désaccord, au retrait et, demain, à la dénonciation d'actes contraires à l'intérêt général.

À l'initiative de l'Ugict, 51 structures, dont toutes les organisations syndicales de cadres, ont adressé une lettre ouverte à Macron refusant que le secret devienne la règle, au détriment des libertés.

Des éléments forts de convergences existent dans l'ensemble des secteurs en lutte. Le positionnement de l'encadrement fait partie des conditions stratégiques pour gagner la partie. D’où l'enjeu de la négociation sur l'encadrement du privé, pour laquelle le Medef montre si peu d’appétence. Il s'agit, dans un cadre syndical unitaire, de donner une définition nationale de l'encadrement qui ne dépende pas du bon vouloir de chaque employeur, arrimée à des droits transversaux attachés à la personne pour faire reconnaître leurs qualifications, leur rôle contributif, et leur donner les moyens d’être socialement responsables. Ce serait, pour la Cgt, une étape concrète dans la construction d'un nouveau statut du travail salarié.

Dans ce contexte, l'heure n'est pas aux interrogations sur le bien-fondé du spécifique, comme le réaffirmait Philippe Martinez au congrès de l'Ugict, mais à sa mise en œuvre pour organiser une activité pérenne parmi les Ictam, dans les 17 métropoles qui concentrent 60 % de l'encadrement. Ces catégories sont, au-delà de leur nombre, un enjeu stratégique des transformations du travail, du management et des garanties collectives.

Marie-José Kotlicki
Secrétaire générale de l’Ugict-Cgt
Directrice d’options

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