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Sncf: les bonnes correspondances
Les modes d’action choisis par l’intersyndicale cheminote combinent une gestion diversifiée des temps de lutte et des niveaux d’engagement, une dynamique entre le refus et la promotion d’alternatives, laquelle permet une « vot’action » sans précédent sur le projet d’entreprise qui est au cœur du conflit. Enfin, ils facilitent un engagement net et exprimé des catégories de l’encadrement, qui ne se reconnaissent à aucun niveau dans le projet et la méthode du gouvernement.
Conflits: réflexions en cours
Très éloignée des ready-mades médiatiques, la conflictualité sociale ne s’habille que sur mesure. S’il est trop tôt encore pour tirer des leçons de la phase actuelle, il est possible de dégager quelques réflexions d’ordre général, à la fois sur les choix de lutte opérés, sur la place qu’y tient le syndicalisme, dans sa diversité et sur ce que l’attitude gouvernementale révèle de ses préférences en matière sociale mais aussi, et plus généralement, démocratique.
Convergences: action !
Comment, dans la diversité des conflits et des engagements, analyser, évaluer, la place et le rôle de l’encadrement ? Quelles sont les articulations entre les vécus revendicatifs dévoilés par les enquêtes d’opinion sur le « malaise de cadres » et les passages à l’action collective ?

Édito

Halte à l’opacité !

Pour vivre heureux vivons cachés. Tel pourrait être le slogan des multinationales et des ultrariches avec, pour l’année 2018, 60 % des profits des multinationales qui seront versés aux actionnaires, contre 5 % aux salarié.e.s… Un record… Comment expliquer de telles inégalités ? Par le secret qui les entoure, qui permet que la colère se focalise sur d’autres boucs émissaires – au choix les immigré.e.s, les cheminot.e.s ou les cadres par exemple. Faire du secret la règle et des libertés l’exception, tel est l’enjeu du secret des affaires, qui après avoir été mis en place au niveau européen doit être adopté en France.

Connaissant la sensibilité des citoyen.ne.s qui ont été des centaines de milliers à signer des pétitions sur le sujet, le pouvoir a choisi une discrète proposition de loi portée par le député Raphaël Gauvain – par ailleurs avocat d’affaires, il connaît donc son sujet. Battant des records de vitesse, cette proposition déposée en mars 2018, a déjà été adoptée à l’Assemblée nationale et au Sénat. Le danger ? Le secret des affaires, défini de façon large et floue, permet aux employeurs de décider unilatéralement des informations qu’ils pourront soustraire aux salarié.e.s et au grand public, et des personnes qu’ils pourront poursuivre pour détention ou divulgation de « secret d’affaire ». Ainsi, si la proposition de loi était adoptée en l’état, un employeur pourrait poursuivre un.e représentant.e du personnel ayant diffusé aux salarié.e.s les informations sur la composition (dangereuse) de matériaux, la situation financière de l’entreprise…

De même pour les journalistes ou lanceurs d’alerte. Ingénieur.e.s, chercheurs, cadres, technicien.ne.s qui créent et manipulent au quotidien des savoirs et savoir-faire pouvant être qualifiés de secret d’affaire, pourraient aussi être empêché.e.s de les utiliser dans le cadre d’une mobilité professionnelle avec une généralisation des clauses de non-concurrence. Alors comment empêcher ces abus, tout en protégeant nos entreprises du pillage de leurs savoirs et savoir-faire ? La solution est simple : il suffit de limiter le champ d’application du secret des affaires aux seuls acteurs économiques concurrentiels. C’est autour de cet enjeu que l’Ugict-Cgt a rassemblé une coalition de 52 organisations, avec l’ensemble des organisations syndicales, les principales Ong de défense de l’environnement et des libertés, et les sociétés de journalistes de la quasi-totalité des médias français. En quelques semaines, la coalition a recueilli 550 000 signatures sur une pétition et rencontré l’ensemble des groupes parlementaires. Malgré de multiples interpellations, l’Élysée est restée muet, jusqu’au happening organisé par la coalition, qui a déroulé une banderole géante devant le palais Bourbon. L’échange avec l’Élysée et Matignon a enfin eu lieu. Le gouvernement soutiendra-t-il les amendements de la coalition pour protéger les libertés ? Ce qui est certain, c’est que cette action de l’Ugict et de ses partenaires a permis de sortir le secret des affaires de l’ombre dans laquelle il prospérait.

La transparence est la condition de l’exercice du droit de refus, d’alerte et d’alternative plébiscité par l’encadrement.

Sophie Binet
Secrétaire générale adjointe 
de l’Ugict-Cgt

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