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L’égalité professionnelle en justice
En avril prochain, la cour d’appel de Paris se déterminera sur une affaire qui pourrait faire date. Porté par le syndicat Ufict-Cgt d’Ericsson France, c’est l’une des rares jamais portées devant les tribunaux pour imposer le droit à l’information sur la perspective d’une revendication primordiale : l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Ce domaine est le seul que la loi considère d’ordre public. Le seul aussi que le législateur a voulu contraignant, imposant pour ce faire aux employeurs de mettre à la disposition des représentants du personnel des éléments précis et circonstanciés.

Édito

Statut de l’encadrement : un enjeu d’intérêt général

Après un an de suspension par le patronat, les négociations sur le statut de l’encadrement viennent seulement de reprendre. Il était temps ! La fin, au 1er janvier 2019, de l’Agirc, la caisse de retraite complémentaire des cadres, signe la disparition du principal marqueur du statut cadre. Une situation dont se réjouit le patronat, qui veut laisser les pleins pouvoirs aux branches et surtout aux entreprises pour définir qui est cadre ou non, et casser les droits collectifs associés au statut. Lors des séances de négociation désormais prévues chaque mois, la Cgt et son Ugict portent la nécessité d’un statut interprofessionnel, associé à des droits, défini par le niveau de qualification, l’autonomie et les responsabilités dans le travail. C’est un enjeu pour les ingés, cadres et tech du privé, qui souffrent d’une individualisation croissante et dont les responsabilités sont vidées de leur contenu par les exigences financières.

Mais c’est aussi un enjeu pour les fonctionnaires, pour lesquels le gouvernement vient de dévoiler sa réforme. Au menu : la généralisation des « portes tournantes » et des allers-retours entre public et privé. Le pantouflage était déjà au cœur des conflits d’intérêts et du recul du sens de l’intérêt général chez les hauts fonctionnaires. On étend à présent la logique à l’ensemble des directions en incitant au recrutement de contractuels et en introduisant la rémunération au « mérite », particulièrement discriminante pour les femmes… On n’arrête pas le progrès !

Le statut cadre constitue un des derniers marqueurs interprofessionnels avec le Smic, et c’est bien la raison pour laquelle le patronat n’en veut plus. L’objectif : généraliser le dumping, la concurrence et le déclassement. Sa disparition aurait ainsi un impact sur toutes et tous les autres salarié·es. Au-delà, l’enjeu se situe sur le contenu du travail et des responsabilités. La lucidité sur les impasses environnementales et sociales dans lesquelles nous enferme le capitalisme financier ne cesse de monter. Pour la première fois, une grève mondiale de la jeunesse est prévue le 15 mars pour exiger des mesures immédiates contre le réchauffement climatique. Les jeunes générations prennent leur avenir en main, et n’accepteront plus que leur travail soit capté pour produire des richesses financières au détriment de la planète et du bien-être des populations. Le droit de refus, d’alerte et d’alternative proposé par l’Ugict répond à cette exigence. Le 8 mars à 15 h 40 pour exiger (enfin !) l’égalité entre les femmes et les hommes, le 15 mars pour le climat, le 19 mars pour une journée d’action unitaire interprofessionnelle : l’agenda des mobilisations nous permet de montrer une Cgt force de convergence, au cœur des sujets d’avenir.

Sophie Binet

cosecrétaire générale de l’Ugict-Cgt

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