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Transmettre, former, être formé : toutes ces notions sont mises sous tension. Dans l’institution scolaire, tant vis-à-vis des élèves que des enseignants. Mais aussi dans l’entreprise, où la maîtrise des savoirs et des compétences reste plus que jamais un enjeu de liberté. Comment les penser de façon libératrice ? La réforme de la formation professionnelle, à l’étude depuis le 11 juin au Parlement, apporte des réponses puisées aux logiques du marché et de la monétarisation des individus et des acquisitions de savoir.

D’où l’importance, pour le mouvement syndical, de cerner la nature réelle des débats en cours.

Édito

Retraites : débattons des vrais sujets
Avec la réforme Macron des retraites se profile une rupture historique : les taux de cotisation seraient définitivement gelés. Avec l’augmentation du nombre de retraités, la suite est sans appel : c’est la baisse continue du niveau des pensions futures ou déjà liquidées pour équilibrer les comptes du nouveau système.
Dans cette perspective, le gouvernement Macron prend appui sur la mise en place d’un régime complémentaire « à cotisations définies » dans le privé, en remplacement des régimes Arrco et Agirc.
Ainsi, deux questions clefs pour les futurs retraités sont systématiquement évincées : l’âge de départ et le niveau des pensions par rapport aux salaires de fin de carrière.
La focalisation sur la matérialisation des droits (en points ou en annuités) permet d’occulter le débat sur le niveau des pensions. Cette réforme abandonne l’obligation de résultat assignée à notre système, et qui a fait consensus depuis la création de la Sécurité sociale : le maintien du niveau de vie lors du passage de l’activité à la retraite pour tous, encadrement compris.
La baisse planifiée du niveau des prestations a pour objectif de rendre incontournable l’épargne retraite, en particulier pour l’encadrement. Pour pallier le peu d’appétence des salariés pour la capitalisation, compte tenu des faibles rendements et des aléas boursiers, le gouvernement envisage d’ailleurs de la rendre obligatoire et, avec la loi Pacte, tente d’en développer l’attractivité.
Quant aux dispositifs de solidarité qui permettent de neutraliser l’effet des accidents de carrière sur le montant des pensions, ils seraient financés par l’impôt, comme l’a avancé Jean-Paul Delevoye lors du colloque du 19 avril au Sénat, et ne seraient consentis qu’aux plus « fragilisés »… pour de bien pauvres prestations.
Enfin l’évaluation actuelle des différents régimes démontre que, dans le secteur privé, les inégalités de revenus entre les hommes et les femmes sont amplifiées par le système de retraite. Sur un équivalent temps plein, pour 19 % d’écart salarial entre les femmes et les hommes, on constate, lors du passage à la retraite, un écart entre les pensions de 34 %. Alors que, dans la fonction publique, les écarts de rémunération constatés pendant la carrière – 12 % en moyenne – sont strictement reproduits à la retraite avec un calcul des pensions sur les six derniers mois.
Voilà qui invalide la proposition Macron faisant intervenir toutes les années de carrière dans le calcul de la retraite.
Obtenir la confiance dans un système de retraite implique un engagement sur le taux de remplacement du salaire par la pension à un âge déterminé, et sur l’évolution du pouvoir d’achat des retraites.
La Cgt porte des propositions en la matière : ouvrons le débat sur les vrais sujets !

Marie-José Kotlicki
Secrétaire générale de l’Ugict-Cgt
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