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Stress Ce qui doit cesser
Le procès de france Télécom a mis en lumière la dangerosité du stress, singulièrement lorsqu’il relève d’une stratégie managériale qui considère comme négligeable la casse humaine.
Les risques psychosociaux continuent de s’étendre, à la manière d’un virus dont on voudrait minimiser à toute force le caractère mortifère.
C’est vrai dans l’industrie, les services et dans l’éducation nationale. Comment préparer les bases d’un après-france Télécom ? Une série de propositions permet d’envisager de façon cohérente la construction d’un filet de prévention et de sécurité appliqué à la protection de la santé et de l’environnement. À condition que les salariés en fassent leur affaire et que les organisations syndicales puissent pleinement jouer leur rôle en la matière.

Édito

8 mars : les marches des « grandes gagnantes »
« Les femmes seront les grandes gagnantes de la réforme des retraites. » Avec cette affirmation péremptoire, le Premier ministre a mis le feu aux poudres. Aucun chiffre, aucun argument pour le démontrer. Au contraire, il a retiré de l’étude d’impact tous les cas types représentatifs de carrières féminines.
Refusant d’être instrumentalisées, les femmes sont visibles et nombreuses dans les mobilisations pour dénoncer le fait qu’« à cause de Macron, grandes perdantes elles seront ». Enseignantes, infirmières, sages-femmes, avocates, danseuses… La réforme des retraites impose un lourd tribut aux professions à prédominance féminine. Au-delà des majorations pour enfants rabotées et de la modification du calcul de la réversion qui sera particulièrement défavorable aux cadres et professions intermédiaires, ce sont les principes mêmes de la réforme des retraites qui sont sexistes. Le temps des femmes est encore bien différent de celui des hommes. Graver dans le marbre le report indéfini de l’âge de départ en retraite joue contre les femmes, alors qu’elles sont déjà 40 % à liquider leur retraite avec une carrière incomplète. Prendre en compte toute la carrière pénalise la moitié des femmes qui s’arrêtent ou limitent leur activité pour prendre en charge leurs enfants. Alors qu’elles jonglent quotidiennement entre tâches domestiques et travail salarié, sont à présent plus diplômées que les hommes et sont, à force de persévérance, de plus en plus nombreuses à crever le plafond de verre, cette réforme assigne les femmes à la dépendance économique vis-à-vis de leur conjoint. Étudiez, travaillez, vous vaudrez toujours moins qu’un homme. Divorcez, faites vos choix de vie, mais ne vous plaignez pas d’être déclassées.
Pourtant, partir de la situation des femmes permettrait justement de construire une réforme de progrès. Alors que les femmes cadres touchent, pour un même temps de travail, 25 % de salaire en moins que leurs homologues masculins, l’égalité salariale offrirait un levier de financement pour nos retraites.
Faire une réforme féministe impose un autre projet de société. Faut-il prétendre aligner les durées de carrière des femmes sur des durées désormais inaccessibles même aux hommes ? Ou réduire le temps de travail pour permettre aux hommes comme aux femmes d’avoir une carrière et une vie professionnelle tout en consacrant du temps à leurs proches ? Le 8 mars, la Cgt et les organisations féministes appellent à des marches des « grandes gagnantes » sur tout le territoire. L’occasion de partir de la première préoccupation des salarié·es et de mettre le pouvoir devant ses contradictions. Le moment d’élargir la mobilisation et de renforcer sa popularité. La lame de fond ouverte avec #metoo n’a pas fini de dérouler ses potentialités subversives. Les femmes sont fortes, fières, et leur mobilisation jouera un rôle déterminant pour gagner le retrait de la réforme des retraites.

Sophie Binet
cosecrétaire générale de l’Ugict-Cgt

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