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Transition écologique: les deux pieds dedans
Ils sont jeunes, diplômés et engagés pour l’environnement. La bonne nouvelle c’est que c’est leur ministère. La mauvaise, c’est que la transition écologique s’y heurte à une lourde et asphyxiante empreinte carbone : celle d’un management par les coûts. Engagés et organisés au sein de la Cgt, ces jeunes fonctionnaires se déclarent « atouts et garants de la transition écologique ».
Numérique: un immatériel très industriel
Derrière la virtualité du Web, il y a du matériel, des réseaux et des « data centers » grands consommateurs d’énergie. Une chaîne peu visible qui masque des défis industriels et environnementaux. Bref, il s’agit bien d’une industrie – presque – comme les autres. Comme les autres, elle subit des phénomènes de désindustrialisation, sans que les pouvoirs publics s’en inquiètent. C’est dire que les défis d’avenir ne relèvent en aucune façon d’une modernité qui serait hors sol, mais d’une approche globale des industries et de l’emploi. Numérique, certes. Mais pas que...
Jeunes: engagements (dés)organisés...
Les formes d’engagement de la jeunesse sont clairementen décalage vis-à-vis des modes traditionnels d’organisation. La précarité des situations au travail, le rôle déterminant des nouvelles technologies dans cette précarisation y sont pour beaucoup. Mais pas que... Table ronde avec Christophe Degryse, chercheur à l’Institut syndical européen ; Anne-Laure Guy, membre du collectif jeunes diplômés à l’Ugict-Cgt, déléguée du personnel ; Arthur Hay, secrétaire général du syndicat Cgt des coursiers à vélo de la Gironde ; Pierre Tartakowsky, Options.

Édito

Bonne santé ?
Rituels, les vœux de bonne année en disent aussi long sur nos priorités. On souhaite rarement à ses proches de posséder une Rolex, le dernier I Phone ou la paire de Nike dernier cri. En revanche, on insiste toujours sur la santé. Pourtant, bien loin de ces aspirations, l’objectif du gouvernement est tout entier tourné vers la restauration d’une croissance financière, productiviste et tournant le dos aux besoins des populations. Ce, alors que rarement notre système de santé et, plus largement nos services publics, n’auront été aussi inégalitaires et fragilisés par les politiques d’austérité.
Action publique 2022, le chantier lancé par le gouvernement, aurait pu se donner comme priorité de renforcer nos services publics pour donner enfin aux fonctionnaires les moyens de bien travailler et de remplir pleinement leurs missions. Il aurait pu permettre d’éradiquer la précarité, de reconnaître et rémunérer enfin les qualifications. Il aurait dû être un levier pour remobiliser et soutenir celles et ceux qui mettent au quotidien leur travail au service de l’intérêt général, et qui, par leur investissement, qu’ils et qu’elles soient enseignant(e)s, soignant(e)s, policier(e)s ou juges sont souvent les dernier(e)s à rendre concret l’idéal républicain.
Las, Action publique 2022 tourne le dos à ces exigences et vise la seule économie budgétaire. Quarante milliards de baisse de crédits et 120 000 suppressions de postes d’ici à 2022, la saignée est colossale. Consigne est donc donnée de lister toutes les missions « non essentielles » qui pourraient être privatisées, externalisées ou sous-traitées. La numérisation des démarches administratives est instrumentalisée pour supprimer des postes, alors que lutter contre la fracture numérique exige au contraire plus et mieux de services publics. Quant à la mise en ligne de l’ensemble des données publiques, sous couvert d’un angélisme déconcertant, elle conduira au pillage de ces données à des fins lucratives par des plateformes ne payant par ailleurs aucun impôt en France.
Le comité « indépendant » Action publique 2022 doit rendre ses conclusions sur le sujet en mars. Pour mobiliser, nous avons besoin de construire des propositions concrètes pour des services publics répondant aux défis d’avenir : le vieillissement de la population, l’égalité femmes-hommes, le dérèglement climatique, la révolution numérique, la lutte contre les inégalités. De mettre en place un management qui, au lieu de singer celui du privé, mette l’humain et les missions de services publics au centre. Commençons par rappeler que la France est passée de 94 fonctionnaires pour mille habitants en 1995 à 88 aujourd’hui, soit nettement moins qu’en Suède (138 pour mille), au Danemark (143 pour mille) ou en Norvège (159 pour mille). Et par réaffirmer l’évidence : à elle seule, la lutte résolue contre la fraude et l’optimisation fiscale permettrait de dégager au moins cinquante milliards de recettes supplémentaires chaque année. Largement de quoi renforcer nos services publics…
Sophie Binet
Secrétaire générale adjointe 
de l’Ugict-Cgt

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