Editorial
La dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 nous a précipité dans une instabilité politique, sans pour autant changer le cadre économique libéral et austéritaire que nous subissons. Nous avons dû nous mobiliser rapidement afin de bloquer l’ascension de l’extrême droite au pouvoir. La CGT a été le fer de lance de l’opposition à l’extrême droite tout en dénonçant les ravages du libéralisme.
En 2025, nous avons dû continuer à nous opposer à la politique constante d’un régime soumis au libéralisme et aux milliardaires, dont les résultats sont décriés par toute la population, mettant nos services publics dans des situations de plus en plus complexes. La succession de Premier Ministres et de Ministres de la Santé en est le symptôme, toujours sans tenir compte de l’intérêt du service public.
L’argent ne manque pas, comme le rapport parlementaire l’a démontré, avec plus de 211 milliards d’euros attribués aux aides aux entreprises sans contreparties et sans contrôles. Pour la préparation de la guerre, l’argent est détourné : il nous est demandé de sacrifier les services publics de la santé et du médico-social pour acheter des armes et planifier l’effort de guerre. Nous dénonçons cette politique belliqueuse.
C’est dans ce contexte instable mais bien anti-services publics et austéritaire que la réforme des statuts de DH a été soudainement relancée en juin 2025, en force, pour une entrée en vigueur au 1 janvier 2026. Si nous sommes satisfaits de l’alignement de notre statut DH sur la réforme de la haute fonction publique de l’Etat, nous émettons de fortes oppositions quant au fond des textes.
Cette réforme n’a qu’un seul but : asservir davantage les DH au politique et à la hiérarchie, en faisant de nous les lampistes du système, tout en continuant à transformer nos établissements en entreprises. Ce sont des méthodes de management du privé qui sont incorporées dans notre profession : la précarité de la rémunération en fonction du poste, et non plus du grade, et selon le choix du-de la Chef-fe.
De manière surprenante, un texte annoncé comme novateur, simplificateur, a été retoqué par le Conseil d’Etat et notre statut de 2005 qui tenait en 1 texte entre 2005 et 2025, dépendra au 1 janvier 2026 de 3 textes ! Oui le décret de 2005 sera maintenu, le nouveau décret de 2025 entrera en vigueur, et nous dépendrons en plus du CGFP pour certaines dispositions. Bravo la simplification administrative !
Plus grave, les D3S sont exclu-es de la réforme de la haute fonction publique, sans aucune perspective. Les GTSMS indiquent le futur de la profession : diminution des postes et des perspectives de carrière. Les DS sont également exclu-es, sans aucune perspective d’avenir.
Dans ce contexte, nous continuons à ne pas être valorisés dans nos rémunérations, y compris avec le nouveau régime applicable qui laisse une marge discrétionnaire importante au ou à la Chef-fe. Nos établissements voient leurs recettes diminuer et vont continuer à subir l’austérité budgétaire. Désormais, les autorités plébiscitent le mécénat. Nous allons chercher l’argent en communiquant sur les valeurs de la charité !
Par conséquent, le management pathogène se développe. La qualité des soins est érigée en totem, alors que les personnels sont réduits et poussés à la productivité, ou que les délais d’attente pour des prises en charge s’allonge. Dans de plus en plus d’établissements, le management se fait brutal, les pratiques managériales sont de plus en plus violentes, la terreur devient courante.
Pour preuve de ce management pathogène, les élèves-directrices et directeurs se voient contraint-es de « mendier » des postes après un concours exigeant et une scolarité de 24 mois dans une procédure d’affectation injuste, inhumaine et coûteuse. Il n’y avait pas assez de postes fin août 2025 pour ces élèves-directeurs-rices, alors que le CNG connaissait le nombre d’élèves depuis fin janvier 2024. Ce qui démontre l’absence de GPMC au niveau du CNG que nous dénonçons depuis des années. Notons que des dizaines de postes ont été publiés par le CNG en octobre 2025 pour l’ensemble de la profession ! Nous dénonçons cette procédure d’affectation et avons fait des propositions d’alternatives.
Médiation, Défenseur des Droits… les dispositifs existent pour tenter de limiter les pratiques de ce management pathogène. C’est pour cela que nous diffusons le témoignage d’un-e directeur-rice, ainsi qu’une position sur les recommandations du Défenseur des Droits. Mais n’est-ce pas contradictoire de nous pousser vers des mécanismes de conciliation et de signalements lorsque nous subissons un management pathogène organisé par les pouvoirs publics ?
Par conséquent, nous souhaitons sensibiliser l’ensemble des collègues sur nos instances, le Comité Consultatif National CCN et la F3SCT Formation spécialisée en santé, sécurité, et conditions de travail qui nous représentent. Où sont les PV qui nous concernent ? Avons-nous vu et lu ces PV qui devraient aborder nos conditions de travail et notre santé au travail ? Quelles ont été les décisions prises ? Nous dénonçons l’opacité institutionnelle qui concerne nos conditions de travail et notre santé au travail. Nous exigeons la transparence pour nous toutes et tous.
C’est pour cela que nous appelons à nous syndiquer à travers la CGT ! Peut-être également car nous observons les évolutions de notre monde au-delà de nos conditions de travail quotidiennes. L’environnement international impacte nos vies de travailleurs-euses. Un témoignage d’un directeur sur le changement climatique et nos rôles de direction est ainsi incorporé dans la présente lettre.
