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La Cgt...Des territoires...
Les territoires sont au cœur de mutations économiques et juridiques de grande ampleur.
Sur fond de spéculation immobilière, la gentrification s’accélère et, avec elle, la concurrence des cités entre elles. Une réalité très éloignée d’une vision sociale de la ville. La carte des métropoles « high-tech » épouse peu ou prou la géographie des déséquilibres territoriaux.
Cette dynamique conforte les territoires les mieux dotés et capables de se mobiliser autour d’un projet. Tout pour les métropoles ? Comment le syndicalisme peut-il, dans ces conditions, faire face à ses propres mutations, penser le redéploiement de l’activité revendicative et des structures impliquées ?

Édito

La négociation sur la définition de l’encadrement et son impact sur le statut cadre existant est l’occasion pour la CGT de donner corps à sa proposition de nouveau statut du travail salarié en faisant émerger un socle commun de garanties collectives attachées à l’encadrement.
Alors que le Medef voudrait en réduire le péri- mètre aux cadres de commandement, l’enjeu, pour l’Ugict-Cgt, est de prendre en compte toute la diversité de ces personnels : cadres diri- geants, managers de proximité, experts, person- nels de haute technicité et cadres commerciaux.
Cette diversité serait appréhendée à partir de critères interprofessionnels intégrant le diplôme et la qualification acquise, les respon- sabilités sociales et économiques, et le degré d’autonomie dans le travail. Il en résulterait un référentiel opposable aux employeurs et une homogénéité dans la reconnaissance de l’encadrement.
Mais la Cgt ne se contentera pas d’une coquille vide. Outre le périmètre, il s’agit de donner à l’encadrement les moyens d’être profession- nellement engagé et socialement responsable à travers de nouveaux droits :
– un droit au désaccord public et de propositions alternatives sans sanction pour le respect de l’éthique professionnelle ;
– la reconnaissance du diplôme dans la rémunération dès l’embauche ;
– le respect du temps de travail légal et le droit à la déconnexion ;
– la régulation des charges de travail pour respecter l’équilibre des temps de vie ;
– le droit d’intervenir sur les choix stratégiques de l’entreprise ;
– l’égalité professionnelle femmes-hommes en matière de déroulement de carrière et de rémunération ;
– reconcevoir l’évaluation à partir du sens et de la finalité du travail avec prise en compte des besoins de formation ;
– l’effectivité du droit d’accès à la formation ;
– le droit à une protection sociale maintenant le niveau de vie (chômage, maladie et retraite) ;
– les moyens accordés aux managers pour intervenir sur la qualité de vie au travail des équipes.

À l’heure où les fusions de branches appellent une renégociation générale des conventions collectives, la prise en compte des diplômes et de la qualification acquise, tout en répondant aux aspirations des cadres, est un levier pour tirer vers le haut l’ensemble des grilles salariales. Cette approche spécifique de l’encadrement, loin d’être catégorielle, est un élément de rassemblement du salariat: ces nouvelles garanties répondent aux attentes de l’encadrement, sont de nature à changer la conception de la hiérarchie, restaurent la légitimité de l’encadrement au sein du collectif de travail en redonnant toute sa valeur à l’expertise et à sa technicité. C’est donc bien un enjeu pour tout le salariat.

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