Autonomie, marges de manœuvre et droit d’expression

Cet article fait suite à celui consacré à l’analyse de premiers résultats de la consultation que l’OFICT a lancée sur le thème du management (accéder à la consultation). Il en ressortait que pour 3 collègues sur 4 le management est d’abord pyramidal et descendant.

Une majorité de collègues ayant répondu à la consultation estime disposer de marges de manœuvre suffisantes. Cependant, ils sont tout aussi nombreux à se plaindre d’un manque de transparence dans les processus de décision. Le divorce est encore plus grand quant à leur association aux choix stratégiques des directions. Regardons de plus près ces résultats et les commentaires qui les accompagnent :

3 collègues sur 5 disposent de vraies marges de manœuvre dans leur travail. Près de 2/3 des répondants déplorent un manque de transparence dans les processus de décision et 1/4 seulement a le sentiment d'être associé aux choix stratégiques des directions. Près de 9 collègues ayant répondu sur 10 ont une opinion favorable de la revendication de l'ofict-cgt d'un droit d'expression et de propositions alternatives, garanti dans les statuts, pour favoriser l'expression de l'encadrement et des équipes sur leur travail .
consultation management – graphique des réponses sur les marges de manœuvres

 

une autonomie toute relative

3 collègues sur 5 disposent de vraies marges de manœuvre dans leur travail même si celles-ci ne sont pleinement satisfaisantes que pour un tiers de ces derniers. C’est autour de la notion d’autonomie que les commentaires se sont concentrés.

Une notion d’autonomie limitée, liée au cadre d’exercice :

Je suis très autonome dans mes activités quotidiennes, par contre je n’ai aucune visibilité sur les décisions prises sur les orientations du service. (chargée étude cat A)

« Autonomie », une notion ambivalente

La notion d’autonomie est assez difficile à évaluer : il nous faut appliquer et faire appliquer des directives sur lesquelles nous n’avons pas été consultés, et nous nous sentons parfois complètement livrés à nous-mêmes sur d’autres sujets.  (ingénieure cat A )

Une autonomie en perte de vitesse.

Des agents ayant de l’ancienneté pointent aussi la réduction de cette autonomie, ainsi que sa dégradation.

Catégorie B+ adm depuis plus de 30 ans en DDT, je ressens de manière prégnante depuis 3 à 4 ans une baisse de niveau de responsabilités, de confiance, de travail intéressant pour notre catégorie.

Une absence d’autonomie exprimée avec force :

L’organisation actuelle du travail est basée sur la commande, les agents ne sont que des outils pour répondre à des commandes descendantes ne laissant aucune marge de manœuvre et/ou de temps pour des réflexions de fond, la construction de propositions alternatives. (cadre administrative A+)

Un sentiment de frustration ressenti par différents manageurs :

En tant que cheffe je n’ai aucune autonomie de ma supérieure, alors que c’est ce que je favorise chez mes agents, et il y a conflit entre nos deux conceptions du management. (ingénieure A+)

Manque de transparence et d’association

Près de deux tiers des répondants déplorent un manque de transparence dans les processus de décision et un sur quatre seulement a le sentiment d’être associé peu ou prou aux choix stratégiques des directions. En effet, en catégorie B et B+, le manque de transparence est le plus ressenti -7 agents sur 10 sont dans ce cas-. Ce sentiment reste partagé par 3 cadres A sur 5 et par 1 cadre supérieur (A+ ou A++) sur 2. Un sentiment de frustration encore plus prononcé se retrouve à chaque niveau hiérarchique pour ce qui est de l’association aux choix stratégiques . Laissons la parole aux intéressé.e.s :

En tant que chargée de mission, je ressens souvent le manque de partage d’information (sectorielle et transversale), ce qui ne permet souvent pas d’avoir la prise de recul nécessaire et d’être contributrice active de la construction d’une doctrine/politique/position MTES. (ingénieure)

Un droit d’expression plébiscité mais qui reste à conquérir

Près de 9 collègues ayant répondu sur 10 ont une opinion favorable de la revendication de l’ofict-cgt d’un droit d’expression et de propositions alternatives, garanti dans les statuts, pour favoriser l’expression de l’encadrement et des équipes sur leur travail . Un ou une sur 2 la partage entièrement. Si cette revendication se trouve confortée par ces résultats, ces derniers ne sauraient gommer les obstacles qu restent à franchir pour permettre une libre expression et tout autant sa prise en compte. Vos commentaires en témoignent :

Permettre l’expression c’est bien, encore faut-il que la direction soit prête à les entendre. (attaché A+)

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