Déontologie

Cet article sur la déontologie fait suite à celui consacré à l’analyse de premiers résultats de la consultation que l’OFICT a lancée sur le thème du management (accéder à la consultation).

Perte de sens : un sentiment largement partagé

 la perte de sens dans nos ministères est un sentiment largement partagé par les collègues qui ont répondu à la consultation.
consultation management – graphique des réponses sur le sens du travail

Plus de 70 % des sondés perçoivent un perte de sens dans leur travail.

Au vu des résultats, la perte de sens dans nos ministères est un sentiment largement partagé par les collègues qui ont répondu à la consultation. Les causes en sont connues : Restructurations, transferts ou abandon de missions, effectifs en berne, organisation parfois kafkaïenne…

L’adaptation aux bouleversements climatiques, les transitions énergétiques et écologiques, la mutation vers le monde de demain méritent mieux, et entre autres-choses  plus de moyens budgétaires et d’effectifs, et un management moins descendant et plus transversal. Les citoyens aspirent à une mise en œuvre des politiques portées par les ministères aux plus près des bassins de vie et d’emploi. L’État doit-il organiser autrement l’administration afin notamment de répondre à ces légitimes demandes ?

Citons un exemple  :

Ce qui fait perdre le sens par contre ce sont les multiples réformes que nous avons connu depuis des années avec les fusions de service sur l’autel des économies. Aujourd’hui encore une qui prévoit même d’abandonner carrément certaines missions. Là oui pour les agents concernés (ce n’est pas mon cas sur cette réforme), il y a de la perte de sens. Pour certains, ils ont été trimbalés de services restructurés en services déplacés d’années en années, changeant de poste sans beaucoup de choix quand le leur disparaissait. J’ai eu la chance d’y échapper mais étant représentante du personnel à une époque, j’ai vécu les choses de l’intérieur, aux côtés de mes collègues concernés pour qui nous nous battions. 

Peu de conflits avec l’éthique personnelle

plus de 71 % des répondants qui n’ont pas ou peu de conflits de valeur entre les missions exercées et une éthique personnelle
consultation management – graphique des réponses sur les valeurs

Quasiment 1 /3 des sondés a déjà dû faire des choses contraires à ses valeurs dans son travail.

Rappelons en préambule pour cadrer le débat que : Le statut de la fonction publique loi 83-634 du 13 juillet 1983 dans son article 28 prévoit que :

Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l’exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public.

L’élaboration , le portage,  la mise en   œuvre des politiques publiques liées à l’écologie au sens large  sont des axes essentiels dans nos ministères. Ce sont plus de 71 %  des répondants qui n’ont pas ou peu de conflits de valeur entre les missions exercées et une éthique personnelle.  Par contre, lorsque cela arrive les exemples sont frappants :

Ne pas accepter de faire des choses contraires à ses valeurs demande du courage. J’en ai eu. je suis très fière de moi car j’ai réussi à rester congruente en tant que manager sans tomber malade …  mais au pris de “black list”, d’être écartée de projets motivants, de dépenser beaucoup d’énergie à motiver mon équipe et développer leurs compétences quand moi je n’étais ni motivée, ni encouragée par ma direction. Gain non négligeable : sortir du travail entre 17h et 17h30 régulièrement, ce qui a ravi ma famille. Je leur dois le fait d’avoir tenu.

Un travail majoritairement en adéquation avec le concept d’intérêt général

Une large majorité des répondants (74,86 %) trouve que leur travail est en adéquation avec le concept d’intérêt général.
consultation management – graphique des réponses sur l’intérêt général des missions

3/4 des sondés trouvent que leur travail est en adéquation avec “l’intérêt général”

Une large majorité des répondants (74,86 %) trouve que leur travail est en adéquation avec le concept d’intérêt général. Ce sentiment est fort parmi les répondants, cela va  de l’élaboration d’une doctrine à sa mise en œuvre sur le terrain. Mais parfois, des collègues ont l’impression  de « céder aux lobbys »….

Citons des impressions très positives :

Travaillant sur la transition énergétique, mon travail a du sens à mes yeux… et j’espère de plus en plus pour la majorité des agents ! 

Citons d’autres impressions plus négatives :

Je constate que les agents de l’État sont au service du préfet plutôt que des usagers, que l’on passe beaucoup de temps à trouver des moyens de déroger aux règles générales (plutôt qu’à les faire appliquer), que ce qui importe à la haute hiérarchie c’est la communication plus que les missions, que les règles changent très souvent, que les services déconcentrés sont de plus en plus laissés à leur sort, que chaque département doit établir sa propre “doctrine” (ce qui fait 100 fois plus de travail que si les ministères faisaient leur boulot), etc. 

En conclusion

La prépondérance outrageante des considérations comptables et financières conduit assez souvent à négliger ou récuser les considérations techniques nécessaires pour assurer soit la sécurité, soit la pérennité [des missions]. 

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